Accessibilité numérique : les bibliothèques peuvent mieux faire | Livres Hebdo

Par Julia Deck, le 11.05.2016 à 16h47 (mis à jour le 11.05.2016 à 17h00) Handicap

Accessibilité numérique : les bibliothèques peuvent mieux faire

Parmi les 10 sites analysés dans le volet qualitatif, seul celui de la médiathèque de Levallois-Perret (92) "possède un véritable potentiel accessible".

Le baromètre 2016 de l’accessibilité numérique en bibliothèque, publié le 10 mai par le ministère de la Culture et de la Communication, révèle que les établissements publics ont encore du chemin à faire pour améliorer l’accès à leurs services numériques des personnes handicapées.

Le ministère de la Culture et de la Communication a publié le 10 mai son baromètre 2016 de l’accessibilité numérique en bibliothèque, assorti de recommandations pour mieux faire. C’est en effet la première conclusion qui ressort de cette étude: si les bibliothèques ont fourni, depuis deux ans, un réel effort de mise en conformité avec le référentiel général d’accessibilité pour les administrations (RGAA), aucune n’atteint encore les standards prescrits par ce document.
 
Articulée en trois volets, l’enquête porte sur l’accessibilité des sites web de bibliothèques, de catalogues en ligne (opacs) et des ressources numériques de portails spécialisés.
 
Sites de bibliothèques

Une première analyse qualitative réalisée sur 130 sites de bibliothèques révèle que 20,8% disposent d’une page ou d’une rubrique accessibilité en 2015, contre 14,1% en 2014. Mais les auteurs de l’enquête déplorent le fait que ces pages se bornent le plus souvent à stipuler la compatibilité du site avec les standards HTML et les navigateurs, ou à des déclarations d’intention. Ils notent aussi que seuls 14,6% des 130 sites étudiés disposent d’une page d’aide, mais qu’aucune n’est conforme au RGAA.
 
Suit une étude qualitative portant sur un échantillon de dix sites. Pour chacun, elle recourt à un même scénario, où une utilisatrice souhaite réserver un roman par Internet. Ce scénario permet l’analyse spécifique des contrastes de la page d’accueil, des résultats d’une recherche, de la qualité de la navigation au clavier, du plan du site et de la qualité de la syntaxe HTML, essentielle pour que le code soit bien interprété par tous les navigateurs et technologies d’assistance employées par l’utilisatrice.
 
Résultat: aucun des sites étudiés ne peut être considéré comme accessible, et cela dès la page d’accueil, où les chartes graphiques retenues n’offrent par de contrastes suffisants pour un bon repérage visuel.

En conclusion de ce volet, les auteurs fournissent quelques recommandations pour optimiser les sites, telles que la sensibilisation et la formation des équipes en amont, le recours à l’expertise indépendante, etc.
 
Catalogues en ligne
 
Le deuxième volet du baromètre analyse l’accessibilité de dix catalogues en ligne (online public access catalog ou opacs). Pour ce faire, il teste les recherches simples et avancées, les résultats de recherche, l’affichage des notices bibliographiques et des données d’exemplaire (localisation, disponibilité…), les adresses et horaires de la bibliothèque. Syracuse Portail et Orphée Média obtiennent les meilleurs scores, même si ces deux opacs présentent néanmoins plusieurs cas de non-conformité.
 
Ressources numériques

Enfin, le troisième volet de l’enquête porte sur l’accessibilité des ressources numériques de dix plateformes telles qu’Arte France, Europress, LeKiosk, MusicMe… Là encore, il analyse les pages d’accueil, d’authentification, de recherche, de résultat de recherche, l’affichage de la notice et la consultation du document.

PlanetNémo obtient le meilleur score. Toutes les autres plateformes traduisent un niveau insuffisant de prise en compte des standards d’accessibilité.

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