Auteurs

Antoine Gallimard: "Le rapport Racine méprise les professionnels de l’édition"

Antoine Gallimard - Photo OLIVIER DION

Antoine Gallimard: "Le rapport Racine méprise les professionnels de l’édition"

Dans une tribune au Monde, le président de Gallimard critique vertement le contenu du rapport sur l’auteur et l’acte de la création dévoilé en amont du Festival d’Angoulême.

J’achète l’article 1.50 €

Par Nicolas Turcev,
Créé le 06.02.2020 à 12h00,
Mis à jour le 06.02.2020 à 16h42

La contre-offensive ne faiblit pas. Après le président du Syndicat national de l’édition, Vincent Montagne, c’est au tour d’Antoine Gallimard, président des éditions du même nom, d'attaquer le rapport Racine sur l’auteur et l’acte de création dans une tribune au Monde parue le 5 février.
 
Le texte, dévoilé en amont du festival d’Angoulême par le ministre de la Culture Franck Riester et plébiscité par les associations d’auteurs, "étonne par la façon dont il méprise les professionnels de l’édition, de la diffusion et de la promotion, qu’il désigne à plusieurs reprises comme les 'acteurs de l’aval'", écrit Antoine Gallimard.

Rapport hors sol
 
"'Les acteurs de l’aval' sont aux éditeurs ce que les 'fournisseurs de contenus' sont aux auteurs : une dénomination dégradante, faisant abstraction de la substance des talents, de la réalité économique et humaine des métiers. Nous n’existons pas, sinon sous le mauvais masque des mauvais payeurs ou des profiteurs… C’est ainsi que nous voient les signataires d’un rapport hors sol, qui paraît bien partial et mal renseigné", s’indigne encore Antoine Gallimard.
 
L’éditeur prend acte de "l’écart notable entre la progression du nombre d’auteurs et de titres ces dernières et années" et d’une "certaine dégradation de la rémunération moyenne effective des auteurs". Mais plutôt que de "stigmatiser" la politique de l'offre des éditeurs comme il le reproche au rapport Racine, le dirigeant préfère se "poser la question de la demande" et renvoie la balle à l’Etat : "préparer les nouvelles générations à la lecture, qui nécessite envie et compétence, n’est-ce pas la meilleure façon de réduire cet écart constaté entre l’offre et la demande ?"
 
"La glaciation et le contrôle des naissances"

Antoine Gallimard accuse les auteurs du rapport Racine de vouloir "limiter" le nombre d’auteurs via la généralisation du "contrat de commande" qui permettrait d’instaurer un taux de droits minima. "Autrement dit la glaciation et le contrôle des naissances" dénonce le responsable, qui voit dans cette mesure une menace pour les éditeurs fragiles. "Ils y réfléchiront à deux fois avant de s’y risquer !", prédit le dirigeant.
 
Face à ce "renversement copernicien du droit d’auteur peu favorable à la liberté souveraine de l’écrivain", Antoine Gallimard vante les mérites de l’à valoir. Cette somme payée d’avance par l’éditeur à l’auteur sur les ventes de son livre "montre à l’auteur que son éditeur croit assez en son livre pour prendre le risque de ne pas couvrir une avance faite sur les ventes à venir".

Refus de publier moins
 
"Bien sûr que le gouvernement doit travailler à améliorer la vie sociale des créateurs et à étendre le périmètre de leur rémunération, reconnait cependant le dirigeant. […] Les éditeurs peuvent aussi contribuer à ce mieux-être en se dotant d’outils d’information plus accessibles aux auteurs, en dégageant plus de valeur pour la création par leurs efforts de gestion et de diffusion."
 
Et l’éditeur de conclure : "Nous ne nous résignerons jamais à une société faisant le choix délibéré, cynique ou décliniste, de publier moins pour lire moins."
 





Commentaires (1)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous
s

Susan

il y a 9 mois à 17 h 47

Le report Racine concerne TOUT.ES qui ont le statut d'ARTISTE-AUTEUR.E et non pas seulement les écrivains. Ce serait bien que le secteur de l'édition reconnaissent ce fait. Ce n'est pas la création original, = artistes auteur.es, qui pourrait provoquer la faillite du secteur du livre...d'ailleurs, sans auteurs, qu'est-ce que les éditeurs auraient à vendre ?


On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités