Rapport Racine : Les auteurs réagissent à l’interview de Vincent Montagne | Livres Hebdo

Par Alexiane Guchereau, le 05.02.2020 à 17h19 (mis à jour le 05.02.2020 à 18h00) Auteurs

Rapport Racine : Les auteurs réagissent à l’interview de Vincent Montagne

Guillaume Nail, président de la Charte et Samantha Bailly, vice présidente de la Ligue des auteurs

Les auteurs ont réagi à l’interview accordée par Vincent Montagne aux Echos, dans laquelle le président du SNE regrettait que le rapport Racine ne prenne pas en compte les préoccupations de l’ensemble de la filière.
 

Les auteurs se sont indignés, mercredi 5 février, des propos de Vincent Montagne dans les Echos où il revient sur le rapport Racine, globalement bien reçu par toutes les sociétés et organisations représentant les écrivains et les artistes.

Samantha Bailly, vice-présidente de La Ligue des auteurs professionnels, a critiqué dans une analyse détaillée sur Twitter l'analyse du président du Syndicat national de l'édition (SNE). Elle y déplore que, dès les premières lignes, "on change le focus du sujet du rapport" et rappelle qu’à l’origine, le rapport Racine a été établi afin de "se focaliser enfin sur les éternels oubliés que sont ceux et celles à l'origine de cette économie".



Elle dénonce la stratégie systématique du SNE qui "consiste à mélanger les petites structures indépendantes avec le reste des acteurs économiques dominants du secteur du livre" et dément, de fait, les chiffres avancés par le SNE, à savoir les "4 milliards d'euros de chiffre d'affaires global dans l’édition" dont "450 millions" reversés aux auteurs.

Pour la Charte, "aucune réponse n’a été apportée"

Le président de la charte des auteurs et illustrateurs jeunesse Guillaume Nail a confié à Livres Hebdo qu’"aucune réponse" à la crise n’avait été apportée par Vincent Montagne dans cette interview. "Comme souvent, le SNE navigue à vue en disant tout et son contraire, en mélangeant les concepts et surtout en n’affrontant jamais à bras le corps le cœur du problème : la répartition de la valeur et la responsabilité des maisons d’édition dans la crise actuelle que traverse le secteur" explique l’auteur jeunesse.
 
Il déplore que Vincent Montagne "confonde surproduction et diversité éditoriale, pointe du doigt l’État et larmoie sur les autres maillons du secteur quand la situation appelle des engagements courageux et des réponses concrètes". Il invite le président du SNE à s’intéresser à "l’outil de sortie de caisse, en jachère depuis des mois" et à "la promesse d’une augmentation de la fréquence des redditions de compte".
 
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