BookNet Canada, l'organisme qui suit la chaîne du livre canadienne, a mis en ligne une étude gratuite consacrée à l'achat, l'emprunt et la lecture d'ebooks. Le texte croise les résultats de la Canadian Book Consumer Study 2025 et de la Canadian Leisure & Reading Study 2025, portant sur 327 acheteurs, 135 emprunteurs et 718 lecteurs de livres numériques.
Le smartphone devant la liseuse
Premier enseignement, 71 % de Canadiens ont lu au moins un livre numérique en 2025. Une proportion en hausse continue depuis 2019, où elle s'établissait à 61 %. Le format pèse près de 14 % des livres achetés sur l'année. Chez les acheteurs de livres, 34 % ont acquis un ebook, et 29 % des emprunteurs en bibliothèque ont emprunté au format numérique.
L'étude confirme surtout la place relativement marginale du matériel dédié. Le smartphone reste le premier support de lecture numérique, à 36 %, devant la tablette (30 %), l'ordinateur (17 %) et la liseuse (15 %). Côté applications, Amazon Kindle domine à 31 %, suivi par le simple navigateur Internet (25 %), Google Books (22 %), Kobo (16 %) et Apple Books (14 %). La bibliothèque publique constitue la première source d'acquisition, à 21 %, à égalité presque parfaite avec les plateformes de vente et les sites de livres libres de droits (19 % chacun). 5 % des lecteurs déclarent recourir à des sites illégaux.
Le prix moyen déclaré atteint 11,85 dollars canadiens par titre en 2025, un montant en baisse par rapport à 2024 alors que le prix moyen du livre imprimé, relié comme broché, n'a jamais été aussi élevé. L'achat reste très corrélé à l'attractivité des prix : 41 % des acheteurs justifient leur choix de plateforme par un bon prix, contre 29 % pour l'ensemble des acheteurs de livres. La part de ceux qui paient plein tarif recule nettement, de 47 % en 2024 à 38 % en 2025. La romance progresse continûment dans le format, passée de 28 % des lecteurs numériques en 2021 à 36 % en 2025, derrière le polar et le thriller (48 %).
Une première question sur l'IA
BookNet a introduit cette année une question sur les outils d'intelligence artificielle comme vecteur de découverte des titres : 3 % des acheteurs les citent, 0 % des emprunteurs. Dans le même temps, 75 % des acheteurs d'ebooks souhaiteraient savoir si une partie du livre qu'ils achètent a été produite par IA, contre 69 % de l'ensemble des acheteurs.
La comparaison avec la France reste délicate, les deux marchés ne mesurant pas les mêmes objets. Selon le Syndicat national de l'édition, l'édition numérique a généré 275,3 millions d'euros en 2025, soit 10 % du chiffre d'affaires des ventes de livres des éditeurs, en repli de 1,2 %. Le baromètre Sofia/SNE/SGDL réalisé par Médiamétrie début 2026 recense de son côté 14 millions de Français, soit un sur quatre, ayant lu au moins un livre numérique en 2025, et évalue à 17 % la part des lecteurs de numérique ayant eu recours à une offre illégale.
