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Baromètre Hadopi : Le livre à la traîne dans la consommation des biens culturels dématérialisés

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Baromètre Hadopi : Le livre à la traîne dans la consommation des biens culturels dématérialisés

Dans son baromètre 2021 de la consommation des biens culturels dématérialisés, l’Hadopi passe au crible les habitudes des internautes français dans neuf catégories : films, musique, séries TV, photos, jeux vidéo, presse, livre, logiciels et retransmissions sportives en direct. Le livre numérique figure le plus souvent en queue de peloton.

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Par Charles Knappek ,
Créé le 18.11.2021 à 12h14 ,
Mis à jour le 18.11.2021 à 14h33

Comme chaque année depuis 2011, la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) a rendu public son baromètre de la consommation des biens culturels dématérialisés. Il ressort de cette étude que, si 83 % des internautes français de 15 ans et plus ont consommé au moins un bien culturel dématérialisé en 2021, le livre fait encore figure de petit poucet dans les usages.

Avec 25 % d’internautes représentant 12,9 millions d’individus ayant consommé du livre numérique en 2021 (proportion restée stable par rapport à 2020), la lecture n’occupe que la 7e position derrière les films (52 % des internautes), la musique (51 %), les séries TV (48 %), les photos (38 %), les jeux vidéo (38 %) et la presse (33 %). Elle ne devance que les logiciels (24 %) et les retransmissions sportives en direct (19 %).

Une progression moins rapide

En dix ans, la consommation de livres numériques a également progressé moins vite que celle d’autres bien culturels. Le livre n’a gagné que 9 points, soit moins que les films (+18 points), les séries TV (+17 points) et les jeux vidéo (+17 points).

Parmi les neuf biens de consommation culturels dématérialisés, le livre numérique est aussi celui dont la fréquence de consommation est la plus faible. Seuls 26 % des adeptes de livre numérique en consomment tous les jours, et 28 % supplémentaires « une à cinq fois par semaine », soit un total de 54 % de consommateurs réguliers. Signe néanmoins encourageant, la pratique régulière tend à s’amplifier : il n’y avait que 51 % de lecteurs numériques réguliers en 2020 et 47 % en 2019. A l’opposé, la presse est le bien culturel le plus consommé avec 85 % d’adeptes réguliers (55 % tous les jours et 30 % une à cinq fois par semaine).

Concernant la sociologie des lecteurs de livres numériques, l’étude montre une part plus importante de consommateurs dans les tranches d’âge les plus jeunes : 31 % des 15/24 ans et 33 % des 25/39 ans ont déjà lu en dématérialisé, contre seulement 19 % des 40 ans et plus. Les femmes sont légèrement surreprésentées (52 % contre 48 % d’hommes) ; les professions et catégories socioprofessionnelles supérieures sont quant à elles largement surreprésentées. Elles pèsent 41 % des lecteurs de livres numériques alors qu’elles ne représentent que 30 % des internautes de 15 ans et plus.  

La liseuse minoritaire

Les supports dédiés à la lecture d’ebooks restent, de leur côté, minoritaires dans les usages : seuls 27 % des lecteurs de livres numériques utilisent une liseuse, contre 39 % leur ordinateur ou leur smartphone et 39 % leur tablette.

Toujours en termes d’usage, la consommation légale de biens culturels progresse globalement au détriment du piratage. Plus de la moitié des lecteurs de livres numériques (57 %) déclarent avoir dépensé au moins une fois pour accéder à un livre dématérialisé, ce qui place le livre au 3e rang des biens culturels les plus consommés de manière légale derrière les films (62 %) et les séries TV (58 %). Sans que cela empêche ces mêmes consommateurs de continuer à se procurer d’autres livres numériques de manière illicite. Seuls 11 % des lecteurs consomment le livre numérique de manière exclusivement payante.

Le piratage en hausse

Il est aussi à souligner que 22 % des lecteurs de livres numériques (+4 points en un an) déclarent en avoir consommé au moins un de manière illicite en 2021. C’est mieux que la tendance générale, puisque 27 % des internautes déclarent avoir consommé au moins un bien culturel dématérialisé de manière illicite en 2021, ce qui représente 33 % des consommateurs de bien culturels dématérialisés.

Menée par l’Ifop, l’enquête qualitative ayant abouti au baromètre de l’Hadopi a été réalisée en plusieurs vagues entre mars et avril 2021. Une enquête téléphonique a dans un premier temps été conduite auprès de 2 014 individus âgés de 15 ans et plus ; elle a été suivie d’une enquête en ligne auprès de 5 033 internautes représentatifs de la population française.

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