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Bastia BD : « Faire connaître les auteurs qui ne sont pas d’ici »

Hébergé par le Centre culturel Una Volta, le café Una Volta s'est transformé en lieu de passages et de rencontres durant toute la durée de séjour.

Bastia BD : « Faire connaître les auteurs qui ne sont pas d’ici »

Les 30èmes Rencontres de la BD et de l’Illustration à Bastia se sont déroulées du 30 mars au 2 avril. Elles ont rassemblé une dizaine de milliers de personnes autour d’une programmation étoffée, construite en faveur du rayonnement de la culture en Corse.

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Par Elodie Carreira, à Bastia
Créé le 03.04.2023 à 17h18

La bande dessinée s’est invitée, du 30 mars au 2 avril, dans la ville de Bastia, du musée au théâtre, en passant par les archives, la médiathèque ou la galerie Noir & Blanc. Situé rue César Campinchi, le Centre culturel de Volta s’est imposé, lui, comme le quartier général d’un flux ininterrompu d’artistes, d’éditeurs, de journalistes et autres amateurs, venus échanger autour d’une œuvre, d’un verre. Souvent les deux. Aménagé en labyrinthe d’expositions, il a été parcouru par près de 10 000 curieux, dont 3500 scolaires.

Une référence culturelle corse en exportation

Arrivés de Calvi, de Bonifacio ou du collège de proximité Saint-Joseph, ces derniers garderont « un souvenir impérissable d’une manifestation incontournable et feront venir, à leur tour, leurs enfants dans quelques années », espère la rayonnante Juana Macari, directrice du Centre culturel. Depuis sa création, l’événement poursuit la même mission : démocratiser la culture. Une ambition « d’intérêt public et artistique », soutenue depuis trente ans par la région, la ville, mais aussi la Sofia et le CNL. Les moyens alloués, ainsi que les recettes des ateliers artistiques donnés par le Centre durant l’année, contribuent à maintenir la gratuité des Rencontres de la BD, dont le coût total s’élève à 300 000 euros.

Prix littéraire

Mais pour Juana Macari, l’essentiel est ailleurs : « Le format unique de la manifestation permet l’avènement de belles choses. L’objectif est de mettre à part l’aspect mercantile et de tout miser sur la rencontre humaine ». Après trente ans d’existence, la particularité des Rencontres a contribué à les doter d'une reconnaissance au-delà de l’Hexagone. Pour cette édition anniversaire, la revue d’origine suisse Drozophile, entièrement tirée en sérigraphie par son fondateur Christian Humbert-Droz, est passée aux mains du collectif d’auteurs corses Pi2K2. Résultat d’affinités tissées dans le temps entre Bastia et Genève.

Un investissement local et régional en faveur de la culture

Le succès « bonne presse » de la manifestation n’a pas non plus manqué de rejaillir sur la librairie historiquement partenaire, Alma. Après la fermeture de la librairie Album, celle-ci a été inaugurée par Olivier et Françoise Rivollier ainsi que leur associé Christophe Di Caro. Grande de 240 m², la librairie compte « 22 000 références dont un tiers dédié à la bande dessinée, manga compris », rapporte Christophe Di Caro.

Depuis une dizaine d'années, l'enseigne collabore étroitement avec l'événement et revendique un point éphémère, abrité dans une aile du théâtre. L'ensemble des ouvrages des auteurs invités y sont proposés puisque « l’enjeu de Bastia est de faire connaître les auteurs qui ne sont pas d’ici », rappelle Laurent Deville, librairie spécialiste BD. Présent sur les stands, celui-ci a noté une légère baisse du panier d’achat, passé de 50 à 30 euros par personne en raison du contexte inflationniste, mais est resté optimiste : « David Sala et Benjamin Bachelier se sont vendus à une vitesse folle et samedi, nous n’avions déjà plus aucun exemplaire de Tallec ». Au total, plus d’un millier d’exemplaires se sont écoulés, chiffrant l’ensemble à 25 000 euros.

Point éphémère, librairie Alma
La librairie Alma bénéficie d'un point éphémère dans le théâtre de ville de Bastia. Elle y vend notamment les ouvrages des auteurs invités.

« Les gens avaient l’air hyper heureux. Les auteurs étaient unanimement ravis et épatés par la qualité du public », ajoute également Juana Macari. Si Catherine Meurisse, Benjamin Bachelier, Loo Hui Phang ou encore Olivier Tallec avaient déjà été invités auparavant, ZEP, Caroline Nasica ou encore Charles Naugier expérimentaient, pour la première fois, la convivialité et l'intimité de l'événement, loin des chasseurs de dédicaces ou de la fièvre d'Angoulême. Les Rencontres sont d'ailleurs à destination d'un public essentiellement corse et sont organisées, dès janvier, par 80 bénévoles multigénérationnels et convaincus de l'importance culturelle de l'événement pour leur région.

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