Black Friday: une tribune propose de faire payer et de réguler les livraisons d'achats en ligne | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 25.11.2019 à 18h08 (mis à jour le 25.11.2019 à 19h01) E-commerce

Black Friday: une tribune propose de faire payer et de réguler les livraisons d'achats en ligne

Photo AMAZON

Afin de contenir l'explosion de livraisons à domicile en milieu urbain dense, deux élus et une militante ont signé une tribune proposant de faire payer aux acteurs du commerce en ligne le coût réel des pollutions qu'ils engendrent et de limiter le nombre de livraisons par des camionnettes.

Dans une tribune parue sur le site du Monde le 24 novembre, Jean-Louis Missika, adjoint à la Mairie de Paris, chargé de l’urbanisme, de l’architecture, des projets du Grand Paris, de développement économique est président de Paris en commun, Ariel Weil, maire du 4e arrondissement, est tête de liste pour Paris en Commun dans Paris centre, et Diana Filippova, cofondatrice de l’agence de communication Stroïka, auteure de Technopouvoir (Ed. Les liens qui libèrent), proposent d'appliquer le principe du pollueur payeur au e-commerce.

Pour eux, les plateformes utilisant la livraison comme principal mode de distribution sont d'une part un facteur de précarisation, d'autre part une "source de congestion et de pollution". Dans la lignée de la récente note du député Mounir Mahjoubi, qui affirme qu'Amazon a détruit 20200 emplois pour seulement 12300 embauches, soulignant au passage la trop forte productivité des salariés du géant du commerce en ligne, les trois signataires rappellent qu'
"Amazon, UberEats et les autres plates-formes ont profité de l’absence de régulation de la logistique urbaine pour encourager des pratiques de consommation qui menacent le cœur des villes."

2,5 millions de livraisons attendues lors du Black friday

"La période liée au Black Friday nous en donne un aperçu : 2,5 millions de livraisons sont attendues par jour, soit dix fois plus que le nombre de colis livrés quotidiennement le reste de l’année à Paris" expliquent-ils. Pour eux, la solution serait de "créer une écoredevance" que les collectivités "pourront imposer sur la livraison à domicile afin de faire payer aux acteurs du e-commerce le coût réel des externalités négatives qu’ils induisent dans la ville."

A condition que la loi permette ce type de politique fiscale. Une taxe sur les livraisons à domicile des sites de vente en ligne a été envisagée par le gouvernement il y a un an et demi, taxe dénoncée par la Fevad et retoquée dans le cadre du budget 2019. Un amendement équivalent a été soutenu par le député LREM Benoit Potterie il y a un mois dans le cadre de la prochaine loi de finances actuellement en discussion au parlement.

Véhicules propres

Par ailleurs, ils préconisent de "limiter le transit des camions de livraison dans tous les quartiers et mieux organiser les arrêts" en limitant "dans différentes zones de la ville, l’accès des véhicules motorisés aux seuls riverains et professionnels autorisés. Dans ces quartiers, les livraisons ne seront possibles qu’à certaines heures et il faudra y réserver à l’avance sa place de livraison."

Cela nécessite la création de centres de consolidation urbaine en mobilisant les nombreux étages de parkings aujourd’hui vides et en créant de nouveaux hôtels logistiques mixtes, ouverts sur les quartiers. "Ces plates-formes logistiques permettront de mutualiser les livraisons et nous pourrons alors interdire complètement les distributions motorisées dans les quartiers avoisinants pour y privilégier les livraisons en vélo cargo et à pied", sur le midèle du groype La Poste qui livre en camions au gaz naturel des espaces logistiques dans le cœur de ville et réalise le dernier kilomètre en véhicule électrique, à vélo ou à pied.

Car pour tous les sites de e-commerce qui livrent à domicile, l'enjeu essentiel c'est la rapidité de livraison, et notamment le dernier kilomètre jusqu'à destination.


 
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