Camilla Läckberg se joint à une mobilisation contre l'extrême droite | Livres Hebdo

Par Cécilia Lacour, avec AFP, Aftonbladet, le 06.09.2018 à 16h26 (mis à jour le 06.09.2018 à 17h00) Suède

Camilla Läckberg se joint à une mobilisation contre l'extrême droite

Camilla Läckberg - Photo LESULA/CC BY-SA 3.0

Plus de 250 personnalités suédoises de la culture, dont l’auteure Camille Läckberg, ont signé un appel sur Facebook pour faire barrage aux Démocrates de Suède, parti d'extrême droite susceptible de réaliser un score historique aux législatives du 9 septembre.

A l'initiative de l'acteur Kjell Bergqvist, comédiens, écrivains, musiciens ont rejoint le groupe "#Vad som helst men ALDRIG SD" ("#Tout mais pas SD" en français) qui a signé un appel sur Facebook pour faire barrage aux Démocrates de Suède. Ce parti d’extrême-droite est susceptible de réaliser un score historique aux législatives du 9 septembre. Le groupe affichait près de 90000 membres jeudi 6 septembre. 

"Je ne peux pas rester les bras croisés, a expliqué Kjell Bergqvist au journal Aftonbladet. Nous sommes nombreux à ressentir de l'inquiétude et de la peur avant l'élection, et grâce à ce groupe nous pouvons nous serrer les coudes, croire en un meilleur avenir."

Parmi les 250 signataires de l’appel figurent Camilla Läckberg —dont Le dompteur de lions sera publié en poche chez Babel noir/Actes Sud le 3 octobre—, Björn Ranelid, Karin Alvtegen, Katarina von Bredow —auteure de Dans l’ombre de Lena (Magnard jeunesse, 2017)—, Elisabeth Östnäs, Lollo Amble, Viktoria Tolstoy —arrière-arrière petite-fille de Léon Tolstoï— et l’historien Peter Englund, ancien membre de l’Académie suédoise qui a démissionné en avril dernier pour protester contre le scandale sexuel qui a entaché la réputation de l’institution. 

Les Démocrates de Suède, formation créée en 1988 par d'anciens militants de la mouvance nationale-socialiste, sont crédités de 17 à plus de 20% des suffrages par plusieurs instituts de sondages. Certains analystes craignent une sous-estimation des intentions de vote en leur faveur. Le parti était entré au Parlement en 2010 après avoir recueilli 5,7% puis il avait enregistré un score de 12,9% en 2014, avant l'arrivée l'année suivante de 160000 demandeurs d'asile dans le pays scandinave.

Le parti d’extrême-droite, qui affiche une stratégie de dédiabolisation, n'a quasiment aucune chance de parvenir au pouvoir à l'issue du scrutin de dimanche, aucun des autres partis en lice n'étant disposé à les inviter dans une coalition de gouvernement. Mais son influence dans le débat politique va croissant et il entend monnayer son soutien à la droite pour battre le centre-gauche minoritaire sortant et obtenir notamment la présidence de commissions parlementaires.
 
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