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Débrayage dans plusieurs entrepôts Amazon au Royaume-Uni

Postes de travail dans un centre de distribution d'Amazon - Photo Olivier Dion

Débrayage dans plusieurs entrepôts Amazon au Royaume-Uni

Près de 1 300 employés d’entrepôts d’Amazon au Royaume-Uni ont cessé le travail depuis le 3 août pour obtenir de meilleurs salaires, a indiqué le syndicat GMB, mettant la pression sur le groupe qui a annoncé fin juillet une augmentation de 7% de son chiffre d’affaires.

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Par Eric Dupuy ,
Créé le 05.08.2022 à 18h28

"Amazon est l'une des entreprises les plus rentables de la planète. Avec la flambée des coûts pour les ménages, le moins qu'ils puissent faire est d'offrir un salaire décent", a déclaré Steve Garelick, un responsable régional du syndicat GMB. Selon l’organisation généraliste britannique, entre 400 et 800 employés de l’entrepôt d’Amazon de Tilbury, qui compte 3500 salariés, ont cessé le travail dans la nuit de mercredi 03 aout à jeudi 04 août. Ils ont été rejoints vendredi par 300 personnels des entrepôts de Bristol, Staffordshire et Coventry. Ces débrayages interviennent dans un contexte d’inflation au Royaume-Uni, alors que la Banque d’Angleterre prévoit une hausse record depuis 1980 à plus de 13% en octobre, après avoir dépassé les 9% en juin.  

Sans être officiellement une grève, ce mouvement a pour but de demander une hausse salariale de 2 livres sterling (plus de 2,35 euros) par heure, soit bien davantage que la hausse de 35 pence proposée par l'entreprise, selon le syndicat.

Dans un communiqué, il dénonce le refus de l'entreprise "de travailler avec les syndicats" et son "recours répété à des contrats courts". Selon l'offre faite par Amazon au Royaume-Uni, "le salaire de départ des employés augmentera à un minimum compris entre 10,50 et 11,45 livres (12,45 à 13,57 euros) par heure", a fait valoir un porte-parole de l'entreprise dans une déclaration transmise aux agences de presse.

Chiffre d’affaires en hausse

Fin juillet, le géant américain a annoncé 121 milliards de dollars de chiffre d’affaires au deuxième trimestre 2022, en hausse de 7% malgré une comparaison défavorable l’année dernière. Pour autant, Andy Jassy, le directeur général, s’attendait pour ce trimestre en cours à un bénéfice opérationnel en baisse par rapport à la même période l’an dernier.

Début mars, Amazon avait annoncé la fermeture de ses 22 librairies aux États-Unis, et deux au Royaume-Uni, sans préciser de dates, encore inconnues à ce jour. Le commerce physique de livres du géant du e-commerce, débuté à Seattle en 2015, n’a pas fonctionné

Difficultés en France

Amazon, qui a doublé son nombre de salariés aux US entre 2019 et 2021, est confronté à plusieurs difficultés de développement en France ces derniers mois. Ses projets d’aménagement d’entrepôts, aussi bien en Loire-Atlantique, en Normandie ou en Alsace ont été retoqués face à une contestation citoyenne d’envergure. En Île-de-France, c’est un projet de « data center » qui est actuellement à l’arrêt après le refus d’agrément de la préfecture de région pour la création d’un bâtiment dans l’Essonne, juste à côté de l’entrepôt de Bretigny-sur-Orge.  

Ce site connait par ailleurs une tension sociale élevée depuis de longs mois. Plusieurs dizaines d’employés, portés par les revendications du syndicat Sud Commerce, se mobilisent contre les conditions de travail qu’ils jugent « dégradées » sur le site, dénonçant des « abus de sécurité ».        

 

 

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