Disparition

Décès de Jacques Bazin, fondateur de la "lib de l’U" de Dijon

La Lib de l'U, sous enseigne Chapitre, au moment de sa fermeture définitive en février 2014. - Photo COPIE D'ÉCRAN/FRANCE 3

Décès de Jacques Bazin, fondateur de la "lib de l’U" de Dijon

L’ancien libraire créateur de la boutique historique du centre-ville s’est éteint samedi 31 mars, dans sa 93e année.

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Par Léopoldine Leblanc,
Créé le 04.04.2018 à 15h14,
Mis à jour le 04.04.2018 à 16h00

Surnommée la "lib de l’U" par les Dijonnais dès sa création en 1964, la librairie de l’Université a perdu son fondateur Jacques Bazin, décédé samedi 31 mars à l’âge de 93 ans.
 
Né en 1925, le jeune libraire débute dans le métier en 1949 en s’associant à une boutique de livres anciens installée rue du Chapeau Rouge. Il y développe, en collaboration avec Jean-Claude Bougerol – qui reprendra en 1965 la librairie Jouanaud à Toulouse – une offre généraliste et universitaire appréciée des lecteurs. En parallèle, il monte également un magasin de disques dans le centre-ville (La Boîte à disques, rue des Forges) puis se décide à investir dans un plus grand espace dès 1964: la librairie de l’Université, rapidement surnommée la "lib de l’U", naît au 17, rue de la Liberté dans un local de 1500m2.
 
Une visite incontournable pour les étudiants
 
Jusqu’au début des années 1980, la librairie se développe pour atteindre une offre de 100000 références (livres, disques et jeux pour enfants) gérée par une équipe de près de 80 employés. "Elle fut dans les années 70-80 la deuxième librairie de France, derrière Le Furet du Nord" rappelle Benoît Bougerol, propriétaire de la Maison du livre à Rodez et fils de Jean-Claude Bougerol.

"A l’époque, il y avait 4 ou 5 cabines d’écoute de disques. La lib de l’U était la visite incontournable pour les étudiants quand on était en congés", confie à Livres Hebdo Marie Grandchamp, étudiante à Dijon avant d’être embauchée dans la librairie en 1982 puis d’en devenir la directrice en 2006.
 
Pour elle, Jacques Bazin était quelqu’un de "précurseur", "très exigeant" et "un peu provocateur". "Entre 1m90 et 95, plutôt charpenté, c’était une figure qui en imposait", se souvient-elle, tout en évoquant "une entreprise très paternaliste, comme beaucoup de librairies à cette époque".
 
Lorsqu’en 1983, Flammarion rachète la librairie et réduit l’équipe à une soixantaine de personnes, le fondateur décide de quitter l’établissement. En parallèle, il investit dans un magasin d’exportation "au service du livre et de la langue française", Bazin international, qu’il gère pendant six ans.
 
Un lieu de patrimoine
 
"Petit à petit, il y a eu une perte d’effectifs. Quand j’ai fermé, on était 24", indique Marie Grandchamp, aujourd’hui directrice de la librairie Gibert Joseph à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

Au début des années 1990, la "lib de l’U" est rachetée par François d’Esneval pour rejoindre le réseau des librairies Privat. Le rachat par Chapitre dans les années 2000 marque les dernières années de la librairie qui ferme ses portes en février 2014, à la suite de la liquidation judiciaire de la marque. Les travaux de remise aux normes estimés à près d’un million d’euros et le loyer augmenté de 40% en cinq ans découragent un éventuel repreneur.
 
Comme pour préserver ce qui avait été accompli, Jacques Bazin avait déposé la mémoire de la librairie de l’Université aux archives départementales. "Il en a fait un lieu de patrimoine", estime Marie Grandchamp.
 
La cérémonie religieuse aura lieu jeudi 5 avril à 10h en l’église Notre-Dame de Dijon, suivie de l'inhumation dans l’intimité familiale.

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