L'académicien Jean Dutourd, romancier et essayiste, est mort lundi soir à l'âge de 91 ans à son domicile parisien, a-t-on appris de source policière.

Né le 14 janvier 1920, prisonnier avant de devenir résistant (co-fondateur du mouvement Libération-Sud) durant la seconde guerre mondiale, son premier livre, Le Complexe de César (Gallimard), était paru en 1946 qui avait obtenu le prix Stendhal. Jean Dutourd avait été conseiller littéraire au sein de la maison d'édition Gallimard dans les années 60, éditorialiste et critique dramatique au quotidien France Soir où il officiia de 1963 à 1999. Il avait également obtenu le Prix Interallié en 1952 pour son roman Au Bon Beurre (Gallimard), un portrait caustique d'un couple d'épiciers opportunistes durant l'Occupation. Une version illustrée a été publiée par L'école des Loisirs.

Grand admirateur du général de Gaulle, de Montaigne, Proust et Balzac, il a écrit quelque 70 livres : Les Taxis de la Marne (1956, Gallimard), Rivarol (1963, Mercure de France), Le Demi-solde (1964, Gallimard), Le Printemps de la vie (1972, Flammarion), De la France considérée comme une maladie (1982, Flammarion), Henri ou l'Education nationale (1982, Flammarion) ou La Gauche la plus bête du monde (1985, Flammarion), Conversation avec le Général (1990, Flammarion). Ses essais deviennent de plus en plus polémiques, sous forme de pamphlets, mais aussi nostalgiques, regrettant la France d'autrefois. Il n'aimait ni la science ni le progrès, se revendiquait clairement à droite, mais son amour de la langue française qu'il aimait défendre avec conviction suscitait le respect des intellectuels et auteurs de tous bords. Le Mauvais Esprit, livres d'entretiens avec un autre pamphlétaire, Jean-Edern Hallier, paraît chez Orban en 1985.

Jean Dutourd était entré à l'Académie française le 30 novembre 1978, élu au fauteuil de Jacques Rueff. Quelques mois plus tôt, le 14 juillet 1978, il avait avait été la cible d'un attentat qui détruisit son appartement parisien, sans faire de victime.

Jean Dutourd était réputé pour son anti-conformiste et son franc-parler. Réactionnaire, érudit, provocateur, râleur, il était réputé pour ses critiques incessantes sur la médiocrité de notre époque, trouvant ainsi sa tribune dans l'émission "Les Grosses Têtes", sur la radio RTL. Il avait arrêté sa participation quotidienne à l'émission depuis septembre 2008.

Ses derniers livres étaient parus chez Plon : Le siècle des lumires éteintes, Les perles et les cochons, Leporello ou encore La grenade et le suppositoire (en 2008).


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