Décès de l’historienne et éditrice Georgette Elgey | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 08.10.2019 à 21h33 (mis à jour le 08.10.2019 à 22h01) Disparition

Décès de l’historienne et éditrice Georgette Elgey

Georgette Elgey à la librairie La Procure

Auteure d'une œuvre monumentale sur l'histoire de la IVe République, éditrice chez Fayard et ancienne présidente du Conseil supérieur des archives, Georgette Elgey est morte à l'âge de 90 ans.

Journaliste, éditrice et historienne, Georgette Elgey est morte le 8 octobre, à Paris, à l’âge de 90 ans révèle Le Monde sur son site internet. Née le 24 février 1929, diplômée en dactylographie et sténotypie, Georgette Léon, du nom de sa mère, débuta au Centre de formation des journalistes où elle rencontra l’historien Robert Aron. C'est ainsi qu'elle s'attela à son œuvre Histoire de Vichy (Fayard, 1954). Il lui proposa aussi des piges pour la revue La Nef.
 
Après avoir collaboré à L’Express, Paris-Presse et au Nouveau Candide, elle cosigna Barricades et colonels. 24 janvier 1960 (Fayard). Au début des années 1960, elle se lança dans son grand chantier, Histoire de la IVe République, en utilisant des témoignages de Pierre Mendès France, Félix Gouin ou Maurice Schumann.  Les deux premiers tomes parurent chez Fayard en 1965 et 1968. Les tomes III à VI parurent entre 1992 et 2012.

C'est aussi dans la maison qu'elle trouva son emploi plus "alimentaire" en devenant apporteuse de projets. Directrice littéraire, on lui doit notamment le best-seller d'Alain Peyrefitte, Quand la Chine s’éveillera (1973) et les grands récits biographiques du médiéviste Jean Favier tel Philippe le Bel (1978). Patiente, elle accompagna également Jean Delumeau avec La Peur en Occident : Une cité assiégée et les trois tomes d'Une histoire du Paradis. En 1980, elle publie son unique roman, Anonymes chez Grasset.

Archives

Elle avait suffisamment fréquenté les coulisses du pouvoir pour connaître François Mitterrand, notamment en éditant les textes du socialiste (Politique I et II, 1977 et 1981). Sa rigueur fut récompensée: le Président la nomme Responsable à l’Elysée des archives du septennat. Chargée de mission (1982), puis conseillère technique (1986) à l’Elysée jusqu'en 1995, l’archiviste succéda à René Rémond à la présidence du Conseil supérieur des archives, fondé par François Mitterrand en 1988. Elle occupa ce poste de 2007 à 2016, avant de passer la main à Jean-Louis Debré.

Entre temps, elle signe La Cinquième ou La république des phratries coécrit avec Jean-Marie Colombani (Fayard, 1999). En 2018, Robert Laffont avait réédité son Histoire de la IVe République, en version abrégée. Au crépuscule de sa vie, elle décida surtout de reprendre son récit autobiographique, La Fenêtre ouverte, publié en 1974 chez Fayard. Cela donnera l'histoire d'une vie mouvementée et d'un esprit alerte avec  Toutes fenêtres ouvertes, chez le même éditeur en 2017.

Ses papiers personnels sont conservés aux Archives nationales.
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