Raoul Ruiz, né le 25 juin 1941 au Chili, s'est éteint à Paris ce vendredi 19 août à l'âge de 70 ans. Le cinéaste franco-chilien s'était exilé en France après le coup d'état de Pinochet en 1973. Il sera inhumé au Chili, selon sa volonté, mais une cérémonie religieuse aura lieu à Paris mardi 23 août.

Scénariste et réalisateur, réputé pour son érudition, sa curiosité et son amour des cultures les plus diverses, son oeuvre - une soixantaine de films - mariait le fantastique, le ludique, l'étrange, la psychanalyse, la comédie humaine, le polar et les drames.

Influencé par Borgès et Garcia Marquez, cet amoureux des grands écrivains, conteur raffiné, aura adapté des romanciers aussi connus que Proust, Stevenson, Balzac, Giono... L'un de ses premiers films, La colonia Penal, en 1970, est tiré d'une histoire de Franz Kafka. Il transpose avec l'aide de Pierre Klossowski La vocation suspendue en 1978 et L'Hypothèse du tableau volé en 1979.

Plus ambitieuse, son adaptation de L'île au trésor de Robert Louis Stevenson, avec Melvil Poupaud et Martin Landau, sort en 1985.

Mais c'est en 1999 qu'il affronte un monument de la littérature avec Le temps retrouvé, version cinématographique du dernier volume d'A la recherche du temps perdu de Marcel Proust. Le film, présenté au festival de Cannes, réunit Catherine Deneuve, John Malkovich, Marie-France Pisier, Emmanuelle Béart et Vincent Perez.

En 2001, il fera la clôture du festival avec Les âmes fortes, d'après le roman de Jean Giono. Il y a trois ans, il adapte l'histoire de La maison Nucingen, d'après Honoré de Balzac.

Mais c'est son dernier film sorti en salles qui fera l'événement : Mystères de Lisbonne obtient le prix Louis-Delluc fin 2010. En mars dernier, Michel Lafon publie le livre de Camilo Castelo Branco, écrit en 1854. L'ouvrage est préfacé par Ruiz.

Raoul Ruiz venait de finir le tournage de La noche de enfrente, d'après l'oeuvre du romancier chilien Hernán del Solar.

Outre ses Textes et entretiens (Hoëbeke) rédigés en 1999, quelques publications existent sur le cinéaste comme Baroque cinématographique : essai sur le cinéma de Raoul Ruiz (Richard Bégin, P.U. de Vincennes, 2009) ou le volume 14 de Théâtres au cinéma (Magic Cinéma, 2003). Par ailleurs, le cinéaste est très présent dans le catalogue de l'éditeur Dis-Voir, qui a réédité A la poursuite de l'île au trésor en 2008.

Il avait aussi publié deux romans Le Livre des disparitions en 1990 (Dis Voir) et Le Transpatagonien, avec Benoît Peeters, en 2002, aux Impressions nouvelles.



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