Numérique

Des éditeurs se sentent pris en otage par Amazon

Des éditeurs se sentent pris en otage par Amazon

Home page du site anglais d'Amazon présentant Kindle Unlimited - Photo Amazon UK

Des éditeurs se sentent pris en otage par Amazon

Dans le catalogue de la nouvelle offre de lecture Kindle Unlimited, Amazon proposerait des livres sans l’autorisation de leurs éditeurs.

Par Agathe Auproux,
avec The Bookseller Créé le 03.10.2014 à 18h02

Une vague de mécontentements virulents a accompagné, mercredi 24 septembre, le lancement au Royaume-Uni de Kindle Unlimited, l’offre de lecture par abonnement d’Amazon. Certains éditeurs, choqués de voir leurs titres apparaître dans le catalogue de ce nouveau service sans leur consentement, ont confié à nos confrères The Bookseller qu’ils étaient dans l’incapacité de les retirer, bien qu’ils soient fermement opposés à faire partie de cette nouvelle offre.
 
Les titres de plusieurs éditeurs indépendants, dont l’américain Scholastic où est parue la saga Hunger Games de Suzanne Collins, figurent parmi les 650 000 e-books et audio books consultables à volonté grâce à l’abonnement au service Kindle Unlimited d’Amazon. Certains éditeurs n’ont pas été mis au courant de la présence de leurs titres au sein de cette sélection, tandis que d’autres avaient spécifiquement demandé à ne pas y figurer. Une requête ignorée par l’entreprise de Jeff Bezos, puisque les éditeurs ont pu découvrir leurs livres au sein du nouveau catalogue le jour du lancement de l’offre au Royaume-Uni.
 
La grogne des éditeurs a redoublé lorsqu’ils ont pris la pleine mesure de leur impuissance : impossible de retirer leurs titres de l’offre Kindle Unlimited. Amazon détient initialement les droits des œuvres disponibles sur ses tablettes Kindle. L’entreprise applique à son nouveau service le même système contractuel de paiement : dès qu’un lecteur a lu plus de 10% du livre qu’il a choisi dans son abonnement Kindle Unlimited, le paiement est déclenché de la même façon que si le lecteur avait acheté le livre en téléchargement. L’éditeur est rémunéré de la même façon que pour tout achat sur Kindle et l’écrivain touche les mêmes droits d’auteur. Selon Amazon, le contrat passé initialement avec l’éditeur ne serait pas donc rompu.

Pour éclaircir la légalité de cette situation, la plupart des éditeurs ont d’ores et déjà engagé des avocats. Amazon n’a pour l’instant pas réagi.

Les dernières
actualités