Lionel Jospin en dédicace au Salon du livre de Paris 2010 - Photo Olivier Dion
Disparition de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin
Lionel Jospin, figure emblématique de la gauche française, est décédé dimanche 22 mars à l’âge de 88 ans. À travers plusieurs ouvrages consacrés à son parcours et à ses convictions, il avait poursuivi son engagement en apportant un éclairage régulier sur la vie politique et l’évolution de la gauche.
Lionel Jospin, ancien Premier ministre et figure majeure de la gauche française, est décédé dimanche à l’âge de 88 ans. Jusqu’à la fin, il aura incarné une personnalité respectée et rassembleuse, malgré l’échec retentissant du 21 avril 2002. Ce jour-là, il est éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle, devancé par Jean-Marie Le Pen. Dans la foulée, il prononce une déclaration restée célèbre : « J’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique », scellant ainsi une sortie brutale de la scène nationale. Figure centrale de la gauche française, il poursuivra ensuite son engagement en continuant à faire entendre sa voix à travers ses écrits politiques.
Lionel Jospin en 5 livres
Pour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Une cohabitation historique
Cet épisode marque un tournant, mais ne résume pas à lui seul une trajectoire politique dense. Quelques années plus tôt, en 1997, Lionel Jospin était arrivé à Matignon à la suite de la dissolution surprise de l’Assemblée nationale décidée par le président de la République Jacques Chirac. À la tête d’une majorité de gauche plurielle, il mène alors une politique de réformes importantes, notamment la mise en place des 35 heures, de la couverture maladie universelle (CMU) et du PACS, dans un contexte économique favorable marqué par une baisse du chômage.
Figure de la gauche
Né en 1937 à Meudon dans une famille protestante, Lionel Jospin suit un parcours classique des élites politiques françaises, notamment à l’ENA, avant d’intégrer le ministère des Affaires étrangères. Parallèlement, il s’engage dans un militantisme plus discret au sein de l’Organisation communiste internationaliste (OCI), un groupuscule trotskiste. Cet engagement, longtemps resté dans l’ombre, alimentera plus tard des controverses, notamment sur sa durée réelle, que l’intéressé a toujours contestée.
C’est dans le sillage de François Mitterrand qu’il s’impose véritablement sur la scène politique. Dès 1971, il participe à la refondation du Parti socialiste, qui devient une machine de conquête du pouvoir. Après la victoire de Mitterrand en 1981, Jospin, alors député de Paris, prend la direction du PS jusqu’en 1988, consolidant sa position au cœur de la gauche. Il devient ensuite ministre de l’Éducation nationale, un poste majeur dans lequel il affirme son autorité.
Après une défaite aux législatives de 1993, il envisage un temps de se retirer de la vie politique. Mais il revient en 1995 comme candidat à la présidentielle, à la faveur du retrait de Jacques Delors. Arrivé en tête au premier tour, il est finalement battu par Jacques Chirac, mais s’impose durablement comme une figure présidentielle crédible.
Le choc de 2002
En 2002, il apparaît même comme favori. La surprise de son élimination est donc d’autant plus forte. Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cet échec : une campagne dominée par les thèmes de l’insécurité sur lesquels il se montre mal à l’aise, certaines maladresses - comme lorsqu’il qualifie son adversaire de « usé, fatigué, vieilli », suscitant une vive polémique - mais aussi la dispersion des voix à gauche, avec de nombreux candidats. Au final, moins de 200 000 voix le séparent de Jean-Marie Le Pen, dont la qualification au second tour constitue un choc politique majeur.
Après son retrait, Lionel Jospin observe une période de silence, avant de revenir ponctuellement dans le débat public. Il soutient notamment la candidature de François Hollande en 2012, contribuant à son accession à l’Élysée. Il préside également une commission sur la moralisation de la vie publique, à l’origine de réformes importantes comme la limitation du cumul des mandats. Nommé au Conseil constitutionnel en 2014, il poursuit ensuite une activité institutionnelle.
Une place dans la vie politique actuelle
Se définissant lui-même avec humour comme « l’austère qui se marre », il est resté jusqu’à récemment une voix écoutée à gauche. Il a soutenu notamment Jean-Luc Mélenchon dans ses hommages à l’union de la gauche, ainsi que des figures plus récentes comme Raphaël Glucksmann ou Anne Hidalgo. Malgré des désaccords avec la ligne du Parti socialiste incarnée par Olivier Faure, il appelait encore ces derniers mois à la stabilité politique.
Plus de trente ans après sa parution en Israël, publication du premier roman de Zeruya Shalev, qui annonce déjà par ses thèmes l'œuvre essentielle à venir.
Parution 2 avril
Cette semaine dans les médias, la Grande Librairie sur France 5 se consacre à la poésie et accueille notamment Michel Houellebecq, pour son recueil Combat toujours perdant (Flammarion). Dans Les Midis de Culture sur France Culture, Marie Labory reçoit le poète Victor Malzac tandis que Claire Chazal invite Alain Finkielkraut et Tania de Montaigne dans Au bonheur des livres, sur Public Sénat.
Le jury du prix Sirène-Lapérouse s'est réuni le 19 mars au restaurant Lapérouse, à Paris, pour établir la liste des recueils de poésie qui composent la sélection finale de sa deuxième édition. Livres Hebdo a assisté aux délibérations.
Par
Lora Lemaréchal
Abonnez-vous à Livres Hebdo
Accès illimité au site
LH Meilleures Ventes, tous les indicateurs métiers
LH le Magazine, le mensuel
LH Spécial, le thématique
Les bibliographies : Livres du Mois et Livres de la Semaine
Également disponibles sur notre boutique :
Numéros à l'unité, hors-séries, annuaire et planisphère.