Psychologie & psychanalyse

Dossier psychologie & psychanalyse : retour au divan

Le rayon "psychanalyse" à la librairie Le Divan à Paris. - Photo OLIVIER DION

Dossier psychologie & psychanalyse : retour au divan

Peinant à trouver leur place, les éditeurs de psychologie et de psychanalyse délaissent le marché encombré des livres pratiques et de développement personnel vers lequel ils avaient tenté de se diversifier. Ils renouvellent leur discipline en s’ouvrant aux questions de société, en mariant les approches thérapeutiques et en introduisant une écriture plus narrative et plus littéraire.

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Par Cécile Charonnat,
Créé le 23.05.2014 à 00h00,
Mis à jour le 23.05.2014 à 10h00

A l’image de la discipline, elle-même en pleine mutation et toujours fragile sur les plans institutionnel et théorique, l’édition de livres de psychanalyse et de psychologie cherche toujours un nouveau souffle. Malgré les tentatives des éditeurs d’ouvrir leur catalogue à un plus large public, et l’augmentation de la production, qui a atteint 667 nouveautés et nouvelles éditions en 2013 contre 626 en 2012 (voir graphique ci-contre), la majorité des acteurs du secteur n’a pas, en 2013, retrouvé le chemin de la croissance. Les ventes ont globalement suivi la tendance du marché des sciences humaines, demeurant dans le rouge toute l’année. Au Seuil, Elsa Rosenberger, éditrice pour la psychanalyse et les spiritualités, annonce une année "décevante" avec des chiffres de ventes "très modestes". Figurant pourtant dans la sélection finale du prix Œdipe, Mal de femme : la perversion au féminin d’Alain Abelhauser, paru en mars 2013, s’est écoulé à seulement 1 000 exemplaires. "Le livre est remarquable, énonçant notamment une hypothèse clinique nouvelle, mais le sujet a fait peur", analyse l’éditrice, qui déplore également le peu d’engouement pour un livre pourtant plus accessible de José Morel Cinq-Mars, Du côté de chez soi : défendre l’intime, défier la transparence, cannibalisé, selon elle, par les nombreux articles de presse. Chez Payot, Christophe Guias, responsable du secteur des sciences humaines, enregistre aussi "des ventes molles, sans gros titres qui ont émergé et tiré le chiffre d’affaires". Mathilde Nobécourt, éditrice chez Albin Michel, partage cet avis : "La situation n’est pas très euphorique et l’allure s’est encore ralentie. Les nouveautés ont moins marché, excepté pour nos deux têtes d’affiche qui bénéficient d’un lectorat très fidèle : Christophe Fauré et Serge Tisseron, précise-t-elle. Mais le fonds a tout de même assuré 53 % du chiffre."

"Cet apparent déclin, au moins transitoire, tient sans doute à des raisons propres à la psychanalyse et à une offre globalement convenue, ainsi qu’à un réel reflux des sciences humaines dans les librairies." Ana de Staal, Editions Ithaque, - Photo OLIVIER DION

Levier de croissance

La désaffection du public périphérique, ces non-professionnels qui goûtent la discipline, pèse en effet fortement sur les scores des nouveautés. Mais, pour Ana de Staal, directrice des éditions Ithaque, les causes sont aussi à chercher à l’intérieur même de la psychanalyse. "Cet apparent déclin, au moins transitoire, tient sans doute à des raisons propres à la psychanalyse et à une offre globalement convenue, sans renouvellement pour les textes français, ainsi qu’à un réel reflux des sciences humaines dans les librairies." Forte de ce constat, l’éditrice a choisi de peu produire en 2013 pour mieux se consacrer au redéploiement de son activité éditoriale qui devrait s’amorcer à la rentrée 2014. "L’année a été douloureuse pour tous les acteurs, mais Dunod reste l’un de ceux qui a le mieux survécu avec un CA stable. En ces temps troublés, c’est une performance", se félicite cependant Jean Henriet, directeur éditorial pour les sciences humaines et sociales de la maison. Il y voit le résultat de la mise sur le marché de bons livres au bon moment, et de la tenue correcte des ventes chez Amazon. Surtout, la maison mise sur le public professionnel, restreint en nombre mais d’une fidélité remarquable, en s’appuyant notamment sur l’obligation qui lui est faite depuis le 1er janvier 2013 de maintenir à jour ses connaissances en suivant un cycle de formation une fois dans l’année. En 2014, Dunod continue d’actionner ce levier de croissance en confortant trois collections. "Aide-mémoire", qui propose une photographie des pratiques de la plupart des champs professionnels et permet une saisie rapide des savoirs associés, sera alimentée par une grosse demi-douzaine de références. La collection "Les ateliers du praticien", lancée l’an dernier, et qui transpose sur papier le quotidien des professionnels, bénéficiera cette année de cinq nouveautés supplémentaires. Egalement introduite sur le marché en 2013, la collection "Mon cahier d’accompagnement" suit un courant émergent dans les psychothérapies, la cothérapie, et s’enrichira de trois titres. En revanche, l’éditeur ne poursuivra pas l’expérience dans laquelle Armand Colin, absorbé par Dunod en janvier, s’était aventuré, aux confins du développement personnel. Créée en 2013, la collection "Expériences de soi" restera sans lendemain.

Quinze ans de "petits bleus"

En 1999, le psychanalyste Jacques André propose à Michel Prigent, P-DG des Presses universitaires de France à l’époque , une collection de psychanalyse qui "redonnerait la primauté aux ouvrages collectifs, alors en proie à une mauvaise réputation, et à un prix favorisant une diffusion plus large de la discipline". Placée sous les auspices de Jean Laplanche qui, pourtant, "ne s’en est jamais vraiment soucié", s’amuse Jaques André, la "Petite bibliothèque de psychanalyse" est née. Quinze ans plus tard, les 45 titres de la collection, plus connus des psychanalystes sous l’appellation des "petits bleus", sont définitivement installés dans le paysage éditorial. "Ce surnom est arrivé très rapidement, ce qui était plutôt bon signe. Cela signifie que la collection était identifiée comme telle", se souvient Jacques André. La "Petite bibliothèque de psychanalyse", qui produit entre deux et quatre titres par an dont le tirage moyen oscille entre 1 500 et 3 000 exemplaires, enregistre d’excellentes performances, dépassant parfois les 10 000 exemplaires vendus au titre. Un succès qui s’explique, pour Jacques André, par "le travail préalable qui préside à chaque ouvrage. Presque tous sont issus d’un colloque ou d’un séminaire et retravaillés pour aller bien au-delà de la simple retranscription d’actes". Le style se veut également "lisible par un lecteur normalement cultivé et pas nécessairement proche de la discipline". Pour célébrer cette belle longévité, une soirée sera organisée en juin à la librairie Tschann, à Paris (6e), autour des deux nouveautés, Le moi, cet incorrigible et Les territoires de la haine.

D’autres éditeurs, tentés d’ouvrir leur catalogue au grand public avec des titres à orientation pratique, reviennent également de l’expérience. Malgré des résultats que Monique Labrune, directrice éditoriale des Presses universitaires de France (Puf), qualifie de "très satisfaisants", la collection "Les psychoguides", qui comprend huit titres, ne sera pas alimentée cette année. En revanche, l’éditrice entend poursuivre la démarche d’ouverture du catalogue, clé de voûte de toute croissance, en misant sur une diversification des thématiques, davantage liées aux sujets de société, et traitées différemment. "Il s’agit de mettre au service d’un plus grand nombre de lecteurs notre immense catalogue professionnel, en sortant du traitement purement académique grâce notamment à des signatures extérieures au milieu des psys", explique-t-elle. Les Puf ont ainsi fait dès mars une incursion du côté du document avec Le vrai drame de l’enfant doué de Martin Miller, le fils d’Alice Miller, et ces jours derniers, avec Les surdoués ordinaires de Nicolas Gauvrit, mathématicien et psychologue du développement. En "Que sais-je ?", Monique Labrune multiplie les approches avec notamment Les 100 mots du rêve, arrivé en librairie en février et écrit par le psychanalyste Serge Tisseron et le neurologue Jean-Pol Tassin, et surtout Les 100 mots de la maternité (mars) qui réunit, sous la direction de Muriel Flis-Trèves, les contributions de psychanalystes, de gynécologues, d’anthropologues et d’écrivains.

Dans le même esprit, Payot a choisi de s’engager, sous la houlette d’Hélène Fiamma, arrivée à la direction éditoriale en janvier, dans des ouvrages privilégiant une écriture plus narrative et plus littéraire, qui redonne de la chair à une discipline parfois hautement conceptuelle (voir encadré ci-dessous). A côté de ce nouvel axe, la maison maintient ses grands noms qui répondent aux "trois critères assurant le succès d’un livre : un style direct, des convictions fortes et l’authenticité de l’expérience", assure le responsable du secteur sciences humaines de Payot, Christophe Guias. Restent donc au programme de 2014 Robert Neuburger (janvier), Gabrielle Rubin (février), Béatrice Millêtre (avril) et Anne Ancelin Schützenberger (septembre). La maison poursuit également son travail en poche autour des grands classiques de la psychanalyse avec la parution de quatre textes de Freud, dont, à la rentrée, Le roman familial du névrosé.

Enjeux anthropologiques

"Avec "Domaine psy", nous affirmons une cohérence éditoriale, trop éclatée auparavant, centrée autour du renouvellement des champs de la psychanalyse et de la psychologie clinique." Elsa Rosenberger, Seuil - Photo OLIVIER DION

Conservant pour noyau dur la psychanalyse, mais en la nourrissant des apports d’autres disciplines comme la neurologie et l’ethnopsychiatrie ou du contexte politique, le Seuil engage cette année dans le paysage éditorial une nouvelle collection. "Avec "Domaine psy", nous affirmons une cohérence éditoriale, trop éclatée auparavant, centrée autour du renouvellement des champs de la psychanalyse et de la psychologie clinique, en allant au sein de la recherche des praticiens voir de quelles façons ils sont perméables aux enjeux anthropologiques et politiques des individus", détaille Elsa Rosenberger. Avec un rythme de croisière proche de quatre titres par an, "Domaine psy" accueille notamment le deuxième livre de Francine Shapiro sur l’EMDR (pratique basée sur le mouvement oculaire), Dépasser le passé (février), et les ouvrages de thérapie systémique de Mony Elkaïm, dont Où es-tu quand je te parle ? (avril). A l’automne devrait paraître le livre du neurologue Douwe Draaisma autour de la maladie d’Alzheimer. A la même période, la maison publiera, hors collection, un essai d’Elisabeth Roudinesco intitulé Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre.

Mêler les approches cliniques, telle est aussi l’ambition de Mathilde Nobécourt chez Albin Michel, où elle a produit en janvier A l’écoute des émotions de l’enfant de Claudia M. Gold, qui "réconcilie neurosciences, psychanalyse et psychologie du développement dans un texte à la portée d’un large public". Au-delà, l’éditrice réfléchit à une redéfinition de ses collections pour 2015, afin notamment de résoudre l’équation qui consiste "à faire des livres moins gros, accessibles mais avec du fond". Chez In press, la directrice France Perrot a, elle aussi, choisi la voie de l’ouverture de la psychanalyse aux sujets de société qui interrogent le sujet. A côté de sa production habituelle, d’une trentaine de références par an, elle a notamment mis sur le marché en mai un ouvrage collectif intitulé L’individu au risque de l’environnement.

En revanche, fidèle à son positionnement adopté dès 2011, De Boeck poursuit résolument l’exploration de thèmes grand public avec une palette d’ouvrages couvrant toutes les cibles de lectorat. La maison belge se veut ainsi "l’éditeur de référence sur le sujet de la pleine conscience en offrant une gamme complète traitant des aspects professionnels et quotidiens", indique Anouk Verlaine, éditrice pour le secteur sciences humaines. La collection "Cultiver en pleine conscience", lancée en 2013, s’enrichira donc de nombreux titres dont la réédition, à l’automne, d’Au cœur de la tourmente de Jon Kabat-Zinn, et de deux livres-CD d’exercices. Toujours dans la cible grand public, la collection "Parlons psy", dont les deux premiers titres, Stress et cancer d’Yvane Wiart et Autisme, sortir de l’impasse de Pierre Sans, sont arrivés en librairie en janvier et mars, a pour vocation d’aider à décrypter les mécanismes et les enjeux de la psychologie au quotidien.

Côté universitaire, l’éditeur belge affiche également une bonne santé, grâce notamment "aux publications d’ouvrages de référence tant traduits qu’inédits en langue française, qui permettent de répondre aux attentes des professeurs", souligne Anouk Verlaine. Pour faciliter encore plus la prescription, De Boeck a mis en ligne en 2013 Noto, une plateforme qui offre des manuels interactifs, accessibles via un code imprimé dans la version papier, et que les enseignants et les étudiants peuvent annoter, commenter ou enrichir. Plus traditionnellement, Jean Henriet, qui estime que "le papier reste le support privilégié pour la transmission du savoir froid contenu dans les manuels", a choisi de renouveler son offre universitaire avec une maquette plus visuelle, plus aérée, inspirée de la "webographie" afin de retrouver l’environnement du Web dans le papier.

La psy en chiffres

La production

Source : Livres Hebdo/electre - Nouveautés et nouvelles éditions

Après une forte chute les années précédentes, la production d’ouvrages de psychologie et de psychanalyse a enregistré un sursaut en 2013, à 667 nouveautés et nouvelles éditions (+ 7 %).

Du fonds, des coups de cœur et des animations

Pour dynamiser leurs ventes et maintenir leurs linéaires, les libraires utilisent des moyens éprouvés dans d’autres secteurs.

La table "psychologie" au Divan, Paris. - Photo OLIVIER DION

Les fermetures successives de la librairie de Thierry Garnier en 2012 et de Lipsy en janvier 2013, toutes deux situées à Paris et spécialisées dans le secteur, symbolisent bien la tendance. En librairie, les étagères dédiées à la psychanalyse et à la psychologie s’amenuisent, voir disparaissent, comme à La Librairie-café à Crécy-la-Chapelle, une bourgade de Seine-et-Marne de 4 300 habitants où Caroline Diéry a composé un rayon orienté uniquement vers le "bien-être et l’autoanalyse". Avec le risque d’envoyer, selon un schéma désormais classique, les clients plus professionnels sur les sites de vente en ligne et de favoriser Amazon. "C’est d’autant plus dommage que le public de sciences humaines est en général gros lecteur et curieux, donc susceptible d’acheter dans d’autres secteurs", pointe Marie-Françoise Dubois-Sacrispeyre, directrice éditoriale d’Erès.

Se battre.

Pour autant, à Crécy-la-Chapelle comme ailleurs, les libraires n’abandonnent pas totalement le champ de bataille. "Globalement, ils se battent beaucoup, avec intelligence, et n’hésitent pas à être inventifs et créatifs pour faire de leur librairie un lieu de rencontre et de vie", souligne France Perrot, gérante des éditions In press. A l’initiative de Florence Winter, psychologue clinicienne et cliente de La Librairie-café, Caroline Diéry inaugure ainsi le 14 juin un type de rencontre original autour du dernier ouvrage d’Elisabeth Brami, Dolto, l’art d’être parents, écrit avec Patrick Delaroche chez Albin Michel et disponible depuis le 5 mars. L’animation se déroule en deux temps et mêle d’abord jeune public et adultes lors d’une dédicace où une sélection des livres jeunesse d’Elisabeth Brami sera également proposée. Lui succédera un débat animé par Florence Winter dont le point de départ sera une citation de Françoise Dolto : "C’est l’enfant qui fait le parent.""Il s’agit de trouver un angle d’attaque original pour éveiller la curiosité des gens et les pousser à sortir le soir pour se poser des questions", explique Caroline Diéry.

"Les rencontres en librairie attirent un public très concerné. Il y a donc là un créneau à prendre et des livres à vendre", confirme Mathilde Nobécourt, éditrice chez Albin Michel. Au nombre d’une par mois en moyenne au Divan et chez Tschann à Paris, qui ont repris le flambeau de Lipsy, et de cinq à dix chez Ombres blanches à Toulouse, les animations constituent en effet une carte maîtresse que les libraires n’hésitent pas à abattre, jouant également sur le dynamisme des différents réseaux de psychanalystes et de psychologues et leur envie "de trouver des lieux de références pour échanger", note Yannick Lerible, responsable des sciences humaines au Divan. L’autre atout consiste à se transporter dans les colloques, qui génèrent du chiffre d’affaires et la possibilité de capter de nouveaux clients. "C’est une forme que les psys affectionnent et maintiennent donc, souligne Bernard Debail, fondateur de Lipsy, qui a trouvé refuge chez Tschann depuis février. Outre les contacts que l’on y noue, cela permet également de cultiver notre image et de manifester notre disponibilité et notre dimension militante. Il en reste toujours quelque chose en magasin."

Conseiller.

L’animation commerciale du rayon, et plus précisément la capacité à faire vivre son fonds, porte également ses fruits. Chez Ombres blanches, Samuel Pericaud propose régulièrement des tables thématiques, en lien avec l’actualité générale ou éditoriale alors qu’au Divan, où le fonds se retrouve très souvent en pile sur les tables, Yannick Lerible mise sur la notule, forme de conseil indirect qui "fonctionne très bien". D’une manière plus générale, et contrairement à une idée reçue, le conseil est effectivement recherché dans ces rayons. "Il peut s’agir de demandes très directes sur un sujet pointu pour l’approfondir ou préparer une conférence. Cela devient alors une sorte de défi à relever, qui nécessite des connaissances solides", raconte le libraire du Divan. C’est pourquoi le Seuil a choisi de privilégier la formation des libraires, conscient que "le conseil, donc la connaissance, est nécessaire pour défendre des livres difficiles et pas forcément attendus", soutient Elsa Rosenberger, éditrice de psychologie et spiritualités de la maison. Sous la houlette de Hugues Jallon, des formations portant sur différents secteurs des sciences humaines avaient été organisées. Le départ, en mai 2013, du directeur du département sciences humaines a interrompu les sessions, qui devraient toutefois reprendre prochainement, promet Elsa Rosenberger.


 

Hélène Fiamma : "Dégager des lignes plus immédiatement lisibles"

Olivier Dion

La nouvelle directrice éditoriale de Payot & Rivages, nommée en janvier, a lancé un grand travail de clarification de l’offre dont les premières manifestations seront perceptibles dès l’automne.

Hélène Fiamma - En premier lieu, nous allons réduire le volume de parutions des poches pour atteindre une trentaine de titres par an, contre 45 aujourd’hui. Pour le grand format, nous allons opérer un redéploiement de l’offre avec pour idée directrice de dégager des lignes plus immédiatement lisibles pour les publics auxquels nous nous adressons. Notre lectorat, dont le spectre est très large, doit pouvoir comprendre, dès la couverture, pour qui est fait le livre. Le graphisme et le design de nos ouvrages vont donc être entièrement revus.

Nous allons moins creuser le sillon du développement personnel pour nous tourner davantage vers des textes singuliers, aux histoires fortes et au ton particulier, en puisant dans ce que l’on appelle "narrative non fiction". Il s’agit de sujets qui ne relèvent pas de la fiction, capables de capter un large public, et dont le traitement, le style, est remarquable. Parallèlement, notre effort porte sur le potentiel commercial de ces livres. Il s’agit là encore de prioriser clairement la promotion de chaque titre de Payot, de sortir des lancements typiquement sciences humaines pour se rapprocher, pour ces livres de "narrative non fiction", d’un lancement proche de la fiction avec épreuves, ciblage des journalistes et mises en place assurant une plus grande visibilité.

Nous travaillons à l’horizon 2015, mais la production de cet automne donnera un bon aperçu de ce vers quoi nous nous dirigeons. Je pense notamment à un document, Les voix, qui constitue notre joyau de la rentrée. Ce livre est une bombe, de l’art brut à l’état pur, qui recèle une puissance d’écriture et une force incroyables. Il donne à lire le texte d’une institutrice retraitée luttant contre ses hallucinations auditives, et est préfacé par Nicole Anquetil, psychiatre et psychanalyste, qui l’a accompagnée. Une expérience de lecture de ce style, je n’en avais pas fait auparavant. Quel que soit le résultat, nous sommes d’ores et déjà très fiers de le publier.


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