Un parc d'attractions dédié à Dragon Ball verra-t-il le jour en banlieue parisienne ? Rien n’est moins sûr. Le projet hors norme de parc d'attractions dédié aux mangas porté par Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien et annoncé lundi lors de la visite à Paris du prince héritier de l'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, « n’a pas encore l’accord des ayants droit japonais » pour « utiliser les personnages et la marque Dragon Ball », a révélé mardi 25 août Le Monde.
Contactés par nos soins, ni l’Élysée, ni la Région Île-de-France n’ont réagi à cette information. Pas plus que Qiddiya Investment Company. Glénat, l’éditeur français de Dragon Ball, ne se livre pour l’heure à aucun commentaire. L'éditeur, qui a écoulé près de 34 millions d’exemplaires de Dragon Ball en France, n’a rien à voir avec la création du futur parc.
Droits partagés
L’affaire révèle surtout l’opacité qui entoure la gestion des droits de l'œuvre du créateur de Dragon Ball, Akira Toriyama, mort en 2024. Plusieurs entreprises japonaises se partagent actuellement le gâteau. La maison d’édition Shueisha gère la publication des mangas et livres dérivés. Le studio Toei, géant de l’animation fondé en 1948, chapeaute l’exploitation des droits liés aux films et les produits dérivés. Contactée par nos soins, la filiale française de la Toei n’a pas donné suite à notre demande d’interview.
Bird Studio, société créée par Akira Toriyama, et le distributeur Bandai Namco, spécialisé dans les jeux vidéo, complètent ce panorama des ayants droit. Sans oublier Capsule Corporation Tokyo. Cette société fondée en 2023 par un ancien éditeur d’Akira Toriyama, Akio Iyoku, détient des fonctions de production et de supervision sur l’ensemble de son œuvre. Reste à savoir qui, parmi eux, peut accorder la licence pour un tel parc d’attractions.
Manque de coordination
L’affaire étonne aussi par son manque de coordination dans sa communication. Le communiqué initial d’Emmanuel Macron, lundi 24 août, ne mentionnait pas Dragon Ball, mais « trois parcs à thème » dont un sur les mangas, sans plus de détails. Quelques heures plus tard, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, avait pourtant confirmé sur TikTok l’existence d'un parc Dragon Ball : « Non, vous ne rêvez pas : Dragon Ball arrive en Île-de-France. Son Goku aura son parc à quelques encablures de Paris. »
Capture d’écran du compte TikTok de Valérie Pécresse- Photo VALÉRIE PÉCRESSE / TIKTOKPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
En attendant une déclaration officielle des ayants droit de Dragon Ball pour éclaircir cette situation, certaines figures de l’industrie du manga ont déjà pris la parole. L'ex-rédacteur en chef du magazine de prépublication Weekly Shōnen Jump Kazuhiko Torishima, qui fut l’éditeur d'Akira Toriyama, a fait part ce mercredi 26 août sur son compte X de ses inquiétudes : « Pourquoi est-ce qu’il n’y a aucun Japonais impliqué dans cette affaire ? »
Qiddiya Investment Company n’est pas à son coup d’essai avec Dragon Ball. Le fonds a déjà décroché en mars 2024 un accord pour développer un projet de parc Dragon Ball en Arabie saoudite. La France, deuxième pays au monde consommateur de mangas, a de son côté accueilli en avril dernier dans le Vaucluse un espace dédié à Naruto dans le Parc Spirou. Une première hors du Japon.

