Dupuis lance sa plateforme de webtoons | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 03.01.2019 à 17h17 (mis à jour le 03.01.2019 à 18h00) Bande dessinée

Dupuis lance sa plateforme de webtoons

Illustration du webtoon Azalais, d'Anne Masse - Photo DUPUIS - ANNE MASSE

Dupuis inaugurera le 24 janvier un site dédié à la lecture en ligne de bande dessinée, la Webtoon Factory, à l’occasion du Festival de la bande dessinée d’Angoulême. Une vingtaine de titres inédits devraient faire leurs débuts sur la plateforme.

Dupuis lancera une plateforme en ligne dédiée à la lecture de webtoons, la Webtoon Factory, le 24 janvier, jour d’inauguration du Festival de la bande dessinée d’Angoulême. Le catalogue sera composé d’une vingtaine de titres inédits qui se déclineront en saisons de 24 épisodes, auxquels l’utilisateur pourra accéder en achetant des packs de crédits. Le service a été élaboré en partenariat avec la société de diffusion de bande dessinée numérique Izneo.
 
Thriller, fantastique, horreur, drame… la Webtoon Factory devrait couvrir tous les genres et tous les formats : BD, comics et manga. Parmi les titres mis en avant par l’éditeur, Azalaïs d’Anne Masse, suivra les pérégrinations de l’héroïne éponyme, "feignasse" notoire, à travers un road trip humoristique dans la France du XIVe siècle. Dans un registre bien différent, le webtoon fantastique First Light de Nimit Malavia et Tri Vuong proposera une trame dramatique sur l’histoire de deux sœurs jumelles chargées de sauver le monde grâce au chant.

L’éditeur souhaite profiter du faible coût de production, de diffusion et de distribution permis par la dématérialisation pour "mettre en valeur de jeunes artistes qui sortent d’école et constituer un pool de talents". Dupuis pourrait envisager à terme de publier des albums tirés de ses webtoons, voire de commercialiser des produits dérivés en cas de succès d'audience.
 
Un format inventé en Corée
 
Originaire de Corée du Sud, le webtoon se présente comme une bande dessinée dont on aurait réarrangé les cases de façon verticale. Ce format a été inventé afin de correspondre aux nouveaux usages numériques, notamment afin d'adapter la bande dessinée au défilement de l’écran sur smartphones. "93% des millenials ont un smartphone", rappelle d'ailleurs Dupuis, qui espère introduire la lecture dans les habitudes digitales des jeunes.
 
Le plus populaire site de webtoon, LINE Webtoon, originaire de Corée du Sud mais disponible dans le monde entier et notamment aux Etats-Unis où le service connaît une forte croissance d’audience, est consulté chaque jour par plus de 10 millions de personnes. Certains titres populaires bénéficient d’une traduction française produite par des fans, mais le service peine encore à percer dans l’Hexagone.
 
En revanche, la plateforme française Delitoon, lancée en 2011 par l’ancien de Casterman Didier Borg et détenue à 30% par la société coréenne spécialisée en informatique Daou Technology, propose des traductions professionnelles de plusieurs webtoons coréens et chinois. Le service a notamment accueilli les premières planches de la bande dessinée Last Man de Bastien Vivès, et revendiquait en 2018 plus de 35 000 utilisateurs payants.
 
Face à ces potentiels concurrents, Dupuis garde la tête froide : "On se lance sans crier victoire, indique l’éditeur. Nous allons tenter d’apporter notre pierre à l’édifice [du webtoon], en toute modestie."
 
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