Avant-critique Histoire

Édouard Vasseur, "L'exposition universelle de 1867. L'apogée du Second Empire" (Perrin)

Édouard Vasseur © Sebastien ter Burg CC BY 4.

Édouard Vasseur, "L'exposition universelle de 1867. L'apogée du Second Empire" (Perrin)

Édouard Vasseur raconte l'Exposition universelle de 1867, qui semblait marquer l'apogée du régime de Napoléon III.

J’achète l’article 1.5 €

Par Jean-Claude Perrier
Créé le 28.02.2023 à 09h00 ,
Mis à jour le 02.03.2023 à 17h17

Les derniers feux de l'Empire. Du 1er avril au 3 novembre 1867, Paris a accueilli l'Exposition universelle pour la deuxième fois après celle de 1855, en alternance avec celles de Londres où fut inauguré ce type de manifestation dès 1851. D'autres pays, par la suite, entreront dans le mouvement. La France, pour sa part, organisera sa dernière du genre en 1900.

Outre leur vaste succès populaire et les retombées économiques sur la ville organisatrice voire le pays tout entier (cependant plus limitées que ce qu'on pourrait penser, compte tenu des millions de visiteurs qui s'y pressaient), ces Expositions constituaient de parfaites occasions de propagande politique pour les régimes qui les commanditaient. Ainsi, dans la France du milieu du XIXe siècle, en pleine révolution industrielle et en plein essor du colonialisme, le Second Empire de Napoléon III a-t-il souhaité faire de cet événement une vitrine du règne, à qui tout, en apparence, souriait. Un colosse aux pieds d'argile.

Dans son livre, version remaniée de sa thèse de doctorat, l'archiviste paléographe Édouard Vasseur, professeur à l'École des chartes, montre les premières lézardes derrière le clinquant. Tandis qu'on accueille le sultan ottoman Abdülaziz et Ismaïl Pacha d'Égypte, qu'on récompense Ferdinand de Lesseps et l'empereur lui-même pour la construction de maisons ouvrières, on apprend, le 1er juillet, l'exécution par les révolutionnaires de l'empereur Maximilien du Mexique, pourtant mis en place par les troupes françaises, puis lâché par la France, l'Autriche et la Belgique. Dans le même temps, l'Allemagne scelle une confédération autour de la Prusse de Bismarck, son tout-puissant chancelier. Ce qui conduira à la guerre de 1870, à la débâcle de Sedan, et au 4 septembre, chute du Second Empire.

Mais, en 1867, on est loin de tout cela. Les visiteurs affluent, enchantés, les écrivains s'emballent, parmi lesquels Victor Hugo en personne qui, quoique toujours en exil (il ne rentrera en France qu'en 1870), célèbre lyriquement Paris sur quarante-quatre pages, préface au Paris-Guide imprimé pour l'occasion. Andersen, Jules Verne, ou Zola intégreront l'Exposition à de futurs romans. Grâce à elle, les Français ont également pu découvrir d'autres civilisations, comme le Japon, très en vedette avec ses expositions, ses objets d'art. Et des bâtiments ont été édifiés, certains durables comme l'Aquarium du Trocadéro (aujourd'hui Aquarium de Paris, et... appartenant à un Japonais), d'autres démontés, revendus, voire détruits. Il faudra jusqu'au 4 août 1871 pour liquider la chose et en tirer le bilan définitif : globalement positif. Après une lourde défaite, puis une guerre civile, ce sera l'entrée dans une nouvelle ère pour le pays, celle de la République.

Édouard Vasseur
L'exposition universelle de 1867. L'apogée du Second Empire
Perrin
Tirage: 1 800 ex.
Prix: 24 € ; 368 p.
ISBN: 9782262094379

Les dernières
actualités