Le romancier français Jean-Marie Gustave Le Clézio a reçu mercredi le prix Cino Del Duca, l'une des récompenses littéraires les mieux dotées financièrement, pour « la portée universelle » de son œuvre « ouverte au monde », a annoncé la fondation.
Doté de 200 000 euros par la Fondation Simone et Cino Del Duca (un éditeur de presse franco-italien), ce prix a salué en Jean-Marie Gustave Le Clézio, prix Nobel en 2008, « un romancier, essayiste et voyageur » qui a construit « une œuvre majeure, traduite dans le monde entier, profondément marquée par l’expérience du déplacement, de la rencontre et du dialogue entre les cultures », souligne la Fondation dans un communiqué.
Jean-Marie Gustave Le Clézio s'est félicité de ce prix : « Les écrivains aiment beaucoup recevoir des prix, ça les encourage et leur donne confiance en eux-mêmes », a-t-il confié à des journalistes.
Fier successeur de Boualem Sansal
Il s'est dit flatté de succéder à Boualem Sansal, récompensé en 2025 alors qu'il était détenu en Algérie. Le prix avait alors été récupéré par son éditeur Antoine Gallimard. « C'est un écrivain que j'aime bien. Un homme assez étonnant, qui est passé de la politique à l'écriture » et « a écrit des livres très forts, assez violents ».
Interrogé sur la crise chez Grasset à la suite du limogeage de son P-DG Olivier Nora par la direction du groupe Hachette, Jean-Marie Gustave Le Clézio a indiqué soutenir « totalement » les auteurs ayant décidé de ne plus publier dans cette maison d'édition.
Pour l'indépendance éditoriale
« Je crois que la grande chance des écrivains, c'est d'être indépendants et d'avoir un éditeur qui est indépendant, qui n'est pas soumis au capital, qui ne cherche pas à faire des affaires, qui ne soit pas l'émanation d'un pouvoir », a-t-il expliqué. Il a souligné sa « chance » de publier chez Gallimard, « un éditeur tout à fait indépendant de toutes idées politiques ».
Né le 13 avril 1940 à Nice d'une famille d'origine bretonne émigrée à l'île Maurice au XVIIIe siècle, Jean-Marie Gustave Le Clézio a notamment publié Désert, Le chercheur d'or, Révolutions ou encore Trois Mexique en janvier dernier (16 866 ex. selon les données NielsenIQ BookData de la base Electre)
Il a indiqué être « en train de terminer un roman » qui porte sur la période de la jeunesse de sa mère, pendant la guerre de 1914-1918. « J'avais envie de parler de la guerre à travers les yeux de ma mère », a-t-il expliqué, en indiquant que le livre devrait sortir à la fin de l'année.
Le prix Del Duca, créé en 1969 et présidé par le romancier Amin Maalouf, lui sera remis le 17 juin à l'Institut de France.