Déjà engagé dans l'arrêt de ses activités depuis la fin 2025, le distributeur américain Baker & Taylor (B&T), acteur historique de la diffusion de livres dans les bibliothèques, a annoncé sa mise en faillite et sa demande de protection au titre du Chapitre 11 de la loi fédérale. Dans le document transmis aux autorités américaines, les chiffres indiqués sont sans appel : B&T a déclaré des actifs compris entre 1 et 10 millions de dollars, pour un passif estimé entre 100 et 500 millions de dollars, réparti entre 1 000 et 5 000 créanciers différents.
Parmi ceux-ci, de nombreux éditeurs. Les grands groupes figurent naturellement en première ligne : Penguin Random House serait exposé à hauteur de 23,4 millions de dollars, Simon & Schuster à 16,4 millions et HarperCollins à 15,6 millions.
Chute accélérée
Parmi les autres acteurs du secteur exposés, on note : Thorndike Press (3,5 millions de dollars), W.W. Norton (2 millions de dollars), Scholastic Teaching Resources (1,9 million de dollars), Ingram Publisher Services (1,8 million de dollars), Wiley (1,5 million de dollars), Springer Nature (1,43 million de dollars), Taylor & Francis (947 000 dollars), Cambridge University Press (885 000 dollars)... Sans oublier de nombreuses bibliothèques publiques, dont les créances dépassent parfois aussi le million de dollars. Au total, environ 68 millions de dollars seraient dus aux seuls éditeurs et fournisseurs.
Dans ce contexte, les créanciers pourraient ne récupérer que « quelques cents par dollar », selon un observateur du dossier cité par Publishers Weekly, tant l’écart entre actifs et dettes est abyssal.
Fondé en 1828, Baker & Taylor était l’un des principaux grossistes de livres aux États-Unis, notamment auprès des bibliothèques publiques et universitaires. Sa chute, due à des difficultés structurelles (pression sur les marges, cyberattaques, désorganisation logistique), a été accélérée par l’échec de sa vente à ReaderLink, en 2025.
