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Etudes de marchés et développements concrets aux Assises du livre numérique

Les 12e assises du livre numérique - Photo © Dion

Etudes de marchés et développements concrets aux Assises du livre numérique

L’évolution du programme de cette manifestation, consacrée à la création et la diffusion du livre numérique et organisée par le SNE, témoigne de celle des professionnels.

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Par Hervé Hugueny, Véronique Heurtematte
Créé le 21.03.2014 à 23h04

Comme dans le transport aérien, les inscrits retardataires étaient admis en fonction des places réservées mais non occupées aux 12e assises du livre numérique, organisées par le Syndicat national de l’édition (SNE), et sa commission numérique présidée par Alban Cerisier, par ailleurs secrétaire général de Gallimard.
 
Le programme a alterné présentation d’études et de cas concrets de développements techniques, dont les thèmes plus complexes témoignent de l’évolution des professionnels. Le propos d’introduction de Vincent Montagne, président du SNE, a rappelé quant à lui la préoccupation constante de défense du droit d'auteur, qui n’est pas à mettre en opposition au progrès technique. Si c’est un obstacle, c’est uniquement face à la “domination sans partage des grandes entreprises de lInternet, et à lopacité de leur organisation” a-t-il souligné, sans toutefois nommer aucune d’entre elles.

Absence de politique européenne du livre
 
Soupçonnées d’être à l’origine de la consultation récente de l’Union européenne sur la révision du droit d'auteur, qui soulève beaucoup d’inquiétude chez les auteurs et éditeurs, ces “grandes entreprises de lInternet” étaient comme toujours les seules absentes du programme de la journée. Sur les questions européennes, c’est Michel Magnier, directeur média et culture à la DG Education et Culture de la Commission qui était commis d’office pour tranquilliser les esprits.
 
La politique européenne du livre nexiste pas, car lUnion européenne na que peu de compétences dans ce domaine et dans celui de la culture en général, qui reste celui des Etats membres” a-t-il expliqué en substance. Mais l’Union est un projet politique et culturel, a-t-il insisté, en respectant scrupuleusement le style équilibré de la communication européenne: la juste rémunération de la création est un principe essentiel, mais l’élargissement de l’accès à la culture l’est tout autant.
 
La consultation qui inquiète le monde du livre a suscité plus de 10000 réponses, que la Commission va analyser et synthétiser avant l’été, pour proposer ensuite des pistes d'action. Michel Magnier a également insisté sur la nécessité d’aligner la taxation du livre numérique sur celle du papier, au nom de la neutralité fiscale, mais la DG Culture n’est pas décisionnaire sur ce sujet.
 
La partie études a permis de présenter l’enquête du MOTif et du Labo de l’édition sur les pratiques des éditeurs numériques, pure player ou venant du papier (voir notre article), et l’actualisation du baromètre Sofia / SNE / SGDL sur les usages du livre numérique. La surprise pour cette quatrième vague étant qu’il n'y en avait pas, les résultats indiquant une stabilité dans l’estimation du nombre de lecteurs (environ 15%), finalement bien en phase avec la volonté de développement maîtrisé du numérique des éditeurs traditionnels.
 
Cette cession des Assises a permis de présenter Hologram Industries, la solution anti-piratage retenue par le SNE pour ses adhérents qui le souhaitent et par le distributeur Eden Livres. A côté de la chasse aux livres piratés, la recherche sur les moyens de contenir le piratage des fichiers se poursuit au sein du consortium Readium, qui développe une solution de gestion de droits (DRM) non décourageante pour les lecteurs. Hadrien Gardeur, co-fondateur de la librairie numérique Feedbooks et membre du consortium où se trouvent de nombreux adhérents français, a présenté cette DRM allégée (LCP), dont les spécifications sont achevées. Readium se charge aussi du kit de développement (SDK) qui permettra de créer des applications de lecture sur tablettes supportant l'EPUB3, un format de fichier bien plus riche que les versions précédentes d'EPUB, mais encore très peu employé.

Métadonnées et bibliothèques publiques
 
La question des métadonnées  et du web sémantique a été abordée pour la première fois dans ce cadre, devant un public averti de leur absolue nécessité dans l’univers de la vente sur Internet, mais encore peu pratiquant, au vu de récentes enquêtes. La Clil a notamment présenté sa classification achevée l’an dernier, Thèmes Clil, qui compte plus de 1000 entrées, contre 90 pour la précédente, afin de définir au plus près les contenus des livres, et permettre leur identification sur Internet. Son déploiement devrait être achevé chez les distributeurs au 1er juillet prochain, a insisté Dominique Parisis, président de la commission numérique de la CLIL, et par ailleurs responsable organisation et méthodes du distributeur Interforum (Editis). L’usage des métadonnées, bien connu des bases bibliographiques de l’édition (dont Electre) se complète maintenant de l’enrichissement du web sémantique, autre source de structuration de l’information sur les livres numériques et leurs contenus.
La source média référencée est manquante et doit être réintégrée.
Lors de la table ronde consacrée aux offres de livres numériques pour les bibliothèques publiques, Philippe Touron, directeur de la librairie Le Divan à Paris a adressé un plaidoyer convainquant en faveur du rôle que doivent jouer les librairies dans le circuit commercial du livre numérique à destination des bibliothèques, dont elles sont à l’heure actuelle presque totalement exclues. “Libraires et bibliothécaires évoluent dans le même écosystème, celui du livre, quil soit numérique ou papier”, a-t-il indiqué, déplorant l’arrivée sur ce nouveau marché d’acteurs qualifiés de “vendeurs de tuyaux”. A ses côtés, deux agrégateurs de livres numériques, Yannick Dehée, P-DG de Numérique Premium, et Denis Zwirn, patron de Numilog, ont défendu leur offre respective. Denis Zwirn a annoncé le lancement de BiblioAccess, une offre qui réintroduit le libraire dans le circuit de distribution aux bibliothèques, comme c’est le cas du dispositif PNB (prêt numérique en bibliothèque), actuellement testé dans quatre réseaux de lecture publique (dont celui de Montpellier agglomération représenté par son directeur à la table ronde. “BiblioAccess a vocation à converger avec PNB”, a affirmé Denis Zwirn. 

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