Désolé mais je ne suis pas en mesure de vous fournir votre blog préféré cette semaine. J’aurais du titrer : « Fermé pour travaux ». Mais vous connaissez mon honnêteté légendaire alors je dis la vérité. Si je ferme ce 60e blog ce n’est pas parce que je travaille à un chef d’œuvre, que je négocie la reprise de Beigbeder à Grasset qui préfère la plume à la poudre, ni même que je vis une grande histoire d’amour avec une chanteuse de gauche ou une bimbo de droite. Non, simplement je lis. Je me lève Millénium , je mange Millénium , je prends le soleil Millénium , je regarde la télé Milénium , je dors Millénium . Ma vie s’est arrêtée à cause d’un crétin qui m’a offert le premier tome de l’infernale trilogie de Stieg Larsson. Avant, quand j’étais critique littéraire et que je recevais pas loin de 6000 livres par an, personne n’osait m’offrir de livres. Qu’est-ce que j’étais tranquille ! Pas obligé de faire semblant d’apprécier le dernier Jean d’Ormesson, Marc Lévy, etc. Mais là le cauchemar recommence. A Noël quelqu’un, je ne sais qui, m’a offert le premier tome de Millénium (Actes sud). Casé dans ma table de nuit, j’allais l’oublier quand mon rangement affectif (le contraire de l’ordre logique) a vacillé. Je n’avais pas sommeil. J’en ai lu dix pages. Toute la biblioboule en chantait les louanges. Dix de plus, dix de plus, presque dix de der. J’ai éteint sur les coups de 3h du matin. Le lendemain réveil à 9h. Depuis tout s’est arrêté. En bon camé je vais à la librairie, chercher ma dose quand j’arrive à cent pages du tome suivant. Près de 2000 pages ! Jamais je n’aurais fait ça avant. Les critiques n’ont pas le temps de lire 2000 pages du livre d’un inconnu avec une couverture en couleurs. Maintenant que ces trois tomes sont dans le Top 10 de Livres Hebdo vous allez voir paraître des papiers sur le « phénomène Larsson ». C’est qui ce type ? Pourquoi ça marche ? Etc ? Si mes ex-confrères voulaient bien rendre hommage à Super Blomkvist, journaliste exemplaire bien que naïf (les nôtres sont cyniques), j’aimerais bien qu’ils se penchent sur la mort, par arrêt cardiaque, de l’auteur en 2004, juste après la remise de ses trois tomes à son éditeur. Que faisaient alors les grands patrons en pleines magouilles financières, les néo-nazis, la police, les services secrets et quelques étranges psychiatres (*) . Bon, je retourne page 589 du 2 e tome. Je suis raide dingue de Lisbeth Salander et j’ai peur pour elle. (*) Je rappelle que l’intrigue se déroule en Suède, toutes soi disantes ressemblances avec un autre pays serait forcément mal intentionnée.
15.10 2013

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