Hervé Prudon, figure du néopolar, est décédé | Livres Hebdo

Par Cécilia Lacour, le 17.10.2017 à 14h33 (mis à jour le 18.10.2017 à 11h04) Disparition

Hervé Prudon, figure du néopolar, est décédé

Hervé Prudon en 2002. - Photo DR

L’auteur de Nadique Mouque s’est éteint à l’âge de 66 ans.

Né le 27 décembre 1950 à Sannois (Seine-et-Oise), Hervé Prudon s'est éteint à l'âge de 66 ans. Il obtient une maîtrise en Lettres en 1974 à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3. Après des voyages en Australie, au Népal et en Europe, il revient à Paris et occupe diverses activités professionnelles : manutentionnaire, déménageur, rédacteur en communication ou encore journaliste au Monde, Libération et au Nouvel Observateur.
 
Hervé Prudon publie son premier roman Mardi-gris en 1978 dans la collection "Série noire" de Gallimard. Il devient rapidement l’un des chefs de file du néopolar français, mouvement littéraire apparu à la fin des années 1970 qui dénonce la société contemporaine, les scandales politiques et qui affectionne le monde des marginaux et des exclus.
 
Une "exception"

Dans le mensuel de bande dessinée Charlie mensuel, l’auteur de polars Jean-Patrick Manchette écrit, en 1981, d'Hervé Prudon qu’il est "une exception. Toutes les réussites que la presse attribue à des incapables et à toute espèce de débutant maladroit, Prudon les atteint et les possède réellement. Bref, la furia avec la maestria, c'est assez notable. J'ai de la considération pour cet homme car il œuvre avec passion et capacité”.
 
En 1996, son huitième roman Nadine Mouque (Gallimard, 1995, et réédité en 2004) est récompensé du prix Louis-Guilloux, qui distingue chaque année un ouvrage ayant une dimension humaine d’une pensée généreuse, refusant tout manichéisme, tout sacrifice de l’individu au profit d’abstractions idéologiques.

Touche-à-tout, Hervé Prudon s’essaie aussi à la littérature jeunesse (En route pour Zanzibar, Albin Michel Jeunesse, 1987), à la littérature blanche comme avec Les inutiles (Grasset, 2002) et Ours et fils (Grasset, 2004), ou encore à la bande dessinée avec l'adaptation de son roman Ouarzazate et mourir, 11e volume du Poulpe (6 pieds sous terre, 2003). En 1999, Flammarion édite ses Mémoires Jours tranquilles à Cochin, dans lesquels l’auteur raconte sa descente aux enfers dans la drogue et l’alcool.  
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