Essai/Autriche 2 mai Joseph Roth

Ce texte paru dans les Cahiers juifs à l'automne 1933 est d'une force et d'une lucidité stupéfiantes ! En quelques pages d'un article, Joseph Roth (1894-1939) dit tout, absolument tout, d'une Europe en décomposition devant la perfidie des nazis et la lâcheté des autres. Dans La Marche de Radetzky il avait raconté le crépuscule d'une Mitteleuropa qui l'avait vu naître en Galicie et dont il ne se remet pas. En exil à Paris, il observe et comprend ce qui se trame parce qu'il est juif, écrivain et qu'outre Rhin on brûle désormais les livres. « Le monde menacé et terrorisé doit se rendre compte que l'intrusion du caporal Hitler dans la civilisation européenne ne signifie pas simplement le début d'un nouveau chapitre dans le domaine de l'antisémitisme : non ! Ce que disent les incendiaires est vrai, mais dans un autre sens ; ce Troisième Reich est le commencement de la destruction. »

L'auteur deLa légende du saint buveurne parvient pas à dessaouler. Il reste nostalgique d'une Atlantide désormais engloutie par la haine et il clame son désarroi à la face du monde encore civilisé dont les juifs font partie intégrante. « Nous sommes brûlés par l'Allemagne ! » Le J'accuse de Joseph Roth à la force de la vérité, celle qui éblouit quand on la regarde en face.

Joseph Roth
L’autodafé de l’esprit
Allia
Tirage: 5 000 ex.
Prix: 3,10 euros ; 48 p.
ISBN: 979-10-304-1090-7

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