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Jon Fosse, prix Nobel de littérature 2023

Jon Fosse, lauréat du prix Nobel de littérature 2023 - Photo Tom A. Kolstad / Det Norske Samlaget — Samlaget forlag

Jon Fosse, prix Nobel de littérature 2023

L’écrivain, essayiste et poète norvégien devient le 4e lauréat norvégien à décrocher le Nobel de littérature, depuis la fondation de la prestigieuse distinction en 1901.

Par Elodie Carreira,
Créé le 05.10.2023 à 13h20 ,
Mis à jour le 13.10.2023 à 11h33

Le prix Nobel de littérature 2023 est attribué à l’écrivain norvégien Jon Fosse pour l’ensemble de sa carrière ainsi que « pour ses pièces de théâtre et sa prose novatrices, qui donnent voix à l’indicible », a annoncé, jeudi 5 octobre depuis Stockholm, l’Académie suédoise.

L’écrivain de 64 ans est tout particulièrement salué par le jury Nobel pour « son œuvre immense, écrite en nynorsk et qui couvre une grande variété de genres ». Il devient ainsi le 4e lauréat norvégien à décrocher le Nobel de littérature depuis la fondation des célèbres récompenses en 1901 et succède, 95 ans plus tard, à la romancière Sigrid Undset.

« Je suis bouleversé et reconnaissant. Je considère qu'il s'agit d'une récompense pour la littérature qui vise avant tout à être de la littérature, sans autre considération », a réagi Jon Fosse dans un communiqué. Lorsqu’il a appris la nouvelle, le nouveau Nobel « roulait dans la campagne, en direction du fjord au nord de Bergen, en Norvège », a raconté Mats Malm, secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise. « Nous avons déjà eu l’occasion de commencer à parler de questions pratiques et de la semaine de remise du Nobel en décembre », a-t-il ajouté.

Une œuvre aussi prolifique que protéiforme

Né en 1959, Jon Fosse est dramaturge, essayiste, romancier et auteur de plusieurs recueils de poèmes. Épurée et synthétique pour le théâtre, tendineuse et débarrassée de ponctuation pour ses romans, la plume du lauréat est remarquablement polyvalente. Mais c’est finalement le genre théâtral qui le propulse sur la scène européenne, avec la pièce Someone is going to come, portée par le français Claude Régy en 1999, à Paris. L’incipit d’un succès qui n’a cessé de s’épanouir, jusqu’à faire de lui l’un des dramaturges contemporains les plus joués au monde. L’Académie suédoise, dans une biographie publiée sur son site, ose même la comparaison avec le pape de l’absurde, Samuel Beckett, dont « il (Jon Fosse) partage la vision pessimiste ».

Quant à son œuvre romanesque, elle conquit la critique dès son troisième manuscrit, La Remise à bateaux, publié en 1989 et traduit du norvégien vers le français par Terje Sinding, aux éditions Circé en 2007. En 1995, l’écrivain publie successivement les deux tomes de Melancholia, œuvre magistrale dont le premier volume fût édité à l’Hexagone par P.O.L (1998), avant d’être poursuivie par Circé (2002). Sa dernière prouesse, Septologien (2019) – œuvre décomposée en sept chapitres répartis en trois volumes et traduite en français aux éditions Christian Bourgois (2021) – fait se rencontrer le personnage principal avec une autre version de lui-même. Stratégie imparable pour invoquer les réflexions les plus philosophiques dont l’auteur s’est fait, avec les années, le fin analyste.

Traduit dans une cinquantaine de langues d’après sa maison d’édition norvégienne Samlaget, Jon Fosse s’est également aventuré du côté de la littérature jeunesse, de l’essai ou encore de la prose.

La récompense, accompagnée d'une dotation de 10 millions de couronnes suédoises (soit 922 000 €), sera remise en décembre prochain. Jon Fosse succède à la française Annie Ernaux.   

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