Compte-rendu

La France, invitée d'honneur du salon du livre de Belgrade : échanger pour mieux se retrouver

La première édition de la Foire internationale du livre de Belgrade a eu lieu en 1957 - Photo DR

La France, invitée d'honneur du salon du livre de Belgrade : échanger pour mieux se retrouver

Le pavillon français a été pendant une semaine mis à l'honneur lors de la Foire de Belgrade, en Serbie. L'occasion pour une importante délégation d'éditeurs et auteurs français de se rendre dans les Balkans pour nouer des contacts avec leurs homologues serbes, dans un pays installé à la 24e place en termes d'importation de titres signés en France.

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Par Adriano Tiniscopa,
Créé le 29.10.2023 à 17h00

Quelques éditeurs et chargées de droits étrangers, des auteurs, le Bief et l'Institut français : la délégation française était solidement représentée à la Foire internationale du livre de Belgrade qui se terminait le 29 octobre. Alors que la France était invitée d'honneur de cette édition, l'occasion était donnée aux professionnels du livre tricolore de construire et de développer leurs relations avec leurs homologues de Serbie, 24ᵉ marché d'importation de titres français.

Le stand français, installé depuis le 21 octobre, a été coorganisé par l'Institut français et le Bief. L'Institut s'est occupé du volet culturel en constituant la liste des auteurs et le Bief du volet professionnel en sollicitant les éditeurs. « Pierre Assouline, Mathias Enard, de la fiction, à l’économie, avec Thomas Piketty, tous les genres ont été représentés », raconte le directeur de l'Institut français, Stanislas Pierret. Quelques éditeurs et leurs représentants ont aussi fait la route, comme Isabelle Côté, déléguée générale de l’association des Éditeurs du sud : « on a rencontré des éditeurs pour la première fois, honoré des rendez-vous fixés depuis longtemps, vérifié la compatibilité des catalogues et échangé des exemplaires de titres ».

La BD, secteur préféré des Serbes

« Jeunesse, BD, développement personnel, ce sont les principaux domaines qui intéressent les éditeurs serbes », avance Isabelle Côté, venue représenter 10 des 25 membres de l'association des Editeurs du sud (Hors d'Atteinte, Agone, le Sureau...).

D'après "Les Chiffres de l'édition 2022-2023" du SNE, sur les 196 titres négociés en 2022 par les maisons serbes, 102 sont de la BD, 38 de la littérature jeunesse, 35 de la fiction et 13 des sciences humaines et sociales (le reste relève du secteur pratique, documents...). 132 titres de BD comptaient parmi les 198 droits cédés en Serbie en 2021. 

Petit marché mais pas infertile

En 2022, 2630 titres français ont été cédés à des éditeurs serbes contre 2888 en 2021, soit une baisse de 9 % ("Les Chiffres de l'édition 2022-2023", SNE). « C'est un voyage précieux pour cerner ce que recherchent et proposent les interlocuteurs serbes », explique Adèle Rolland-Ledem, chargée de droits étrangers pour Gallimard. Elle a honoré sur place une vingtaine de rendez-vous pour présenter les fonds littérature et non fiction. La maison Gallimard travaille déjà avec les éditions serbes Akademska Knjiga pour les titres de Camille Laurens et Patrick Modiano ou encore avec la maison Štrik pour les livres d'Annie Ernaux.

Une journée professionnelle s'est aussi tenue le 23 octobre et a pu mettre en miroir les expériences françaises et serbes sur le sujet des aides publiques à l'industrie du livre et du piratage. La directrice du patrimoine d'Editis, Virginie Cleyssen, et Denis Rapone, membre de l’Arcom, « ont avancé leurs réflexions sur ces questions, sur ce qui est fait en France pour lutter contre le piratage, la Serbie ne connaît pas de tels dispositifs », détaille Laurence Risson, responsable de projets pour le BIEF. Une dernière table ronde animée par l'écrivain Mathias Enard, était aussi consacrée aux prix littéraires.

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