La grande précarité des écrivains britanniques | Livres Hebdo

Par Souen Léger, avec The Bookseller, le 08.07.2014 à 17h58 (mis à jour le 08.07.2014 à 18h04) Royaume-Uni

La grande précarité des écrivains britanniques

L'étude a été menée auprès de 2 454 auteurs. - Photo FLICKR - CC - QUINN-ANYA

Selon une étude, les revenus des auteurs britanniques ont chuté entre 2005 et 2013 pour atteindre un niveau inquiétant. Faute de pouvoir vivre de leur plume, rares sont ceux qui se consacrent exclusivement à leur art.

Les écrivains britanniques sont de plus en plus pauvres, rapporte The Bookseller. En 2013, en Grande-Bretagne, le revenu moyen d’un auteur professionnel s’élevait à 11 000 livres, soit 6 000 dollars en dessous du seuil minimum pour s’assurer un niveau de vie décent, selon une étude de l’association Authors’ Licensing & Collection Society (ALCS). En effet, la Fondation Joseph Rowntree estime qu’un célibataire sans enfant doit gagner 16 850 livres annuelles pour atteindre un revenu "suffisant".
Les profits des éditeurs augmentent et nous craignons que les auteurs reçoivent une part plus faible qu’auparavant Nicola Solomon
Intitulée "What are words worth ?" ("Que valent les mots aujourd'hui ?"), cette étude se base sur un panel de 2 454 auteurs. Entre 2005 et 2013, deux baisses significatives attirent l’attention. La première affecte le revenu moyen qui passe de 12 330 livres à 11 000 livres. La seconde concerne le nombre d’auteurs interrogés vivant uniquement de leur plume puisque celui-ci passe de 40% à 11,5%.
 
Amazon en ligne de mire
 
"Les temps sont durs pour les auteurs. Le déclin rapide de leurs revenus et du nombre d’écrivains à temps plein pourrait avoir de graves conséquences sur la réussite économique des industries culturelles en Grande-Bretagne", considère Owen Atkinson, directeur de l'ALCS. "Si les auteurs doivent continuer à apporter leur contribution irremplaçable à l’économie britannique, ils doivent être rémunérés convenablement pour ce travail. Cela implique des contrats clairs avec des conditions équitables ainsi qu’un régime de droits d’auteur qui soutient les créateurs et leur capacité à gagner leur vie grâce à leur art", poursuit-il.
 
Nicola Solomon, de la Society of Auhtors, s’inquiète elle aussi de ces résultats. "Les profits des éditeurs augmentent et nous craignons que les auteurs reçoivent une part plus faible qu’auparavant", précise-t-elle, "quant à la vente, on ne peut pas oublier ce qui se passe avec les distributeurs et particulièrement avec Amazon : la volonté de lui donner une part plus importante aura un impact sur les auteurs, notamment en raison des réductions (ndlr : pratiquées par le cybermarchand). Amazon dit offrir des petits prix à ses clients, mais si cela doit pousser les producteurs à la faillite, alors ce n’est pas un modèle économique viable."
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