Auteurs

La Ligue des auteurs professionnels, qui revendique plus de 2200 membres, devient un syndicat, a annoncé l'organisation le 20 mars. Lors d'un référendum organisé du 12 au 19 mars dernier, plus de 90% des adhérents ayant voté ont donné leur accord pour le changement de forme de leur association. La décision doit être entérinée lors d'une assemblée générale prévue le 2 avril. Le rassemblement, né en septembre 2018 dans le sillage de la campagne #PayeTonAuteur, se donne pour objectif "la reconnaissance d'un véritable statut professionnel".

"Un syndicat a pour objet exclusif la défense des intérêts d’une profession. Et c’est bien ce que nous formons, une profession. Dans l’univers du livre, le mot syndicat est souvent prononcé du bout des lèvres. Encore l’un des effets de la vision romantique de l’activité de création, qui voudrait gommer toutes les allusions liées au travail. Pourtant, en face, les maisons d’édition sont bien organisées en syndicats", exposait l'association en préambule de son référendum interne.

Démission de la présidente

Cette mue devrait permettre à la structure d'accroître ses financements grâce au paiement de la cotisation syndicale annuelle, fixée à 15 euros par adhérent. Si l'organisme s'est récemment doté d'une directrice à mi-temps avec le recrutement de l'universitaire Stéphanie Le Cam, le reste de ses équipes est principalement constitué de bénévoles. Ces fonds pourront financer "des permanences juridiques et la mise en place d’actions juridiques".

Cette transformation correspond surtout aux revendications de la structure, qui plaide depuis sa création pour une meilleure prise en compte de la représentativité des auteurs et l'organisation d'élections professionnelles pour définir la gouvernance du régime social de la profession. L'absence de cet enjeu dans le programme 2021-2022 pour les artistes-auteurs annoncé, le 11 mars, par la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, a été accueillie par la démission de la présidente de la Ligue, Samantha Bailly.

"L’application des mesures du rapport Racine aurait pu changer la donne de façon inédite et historique, elle aurait pu avoir des effets très concrets sur la vie des créateurs et créatrice. Cette chance n’a pas été saisie par les pouvoirs publics, avait regretté l'ancienne responsable. Face à cette "reculade", elle plaidait pour que "des syndicats d'artistes-auteurs siègent dans les différentes instances où l'on demande la position de nos professions sur tel ou tel sujet. De syndicats élus démocratiquement par les artistes-auteurs sur la base de positions claires." Dont acte.

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