Iran

La tête de Salman Rushdie mise à prix pour 600 000 $ en Iran

Salman Rushdie - Photo BEOWULF SHEEHAN-PEN AMERICAN CENTER

La tête de Salman Rushdie mise à prix pour 600 000 $ en Iran

Quarante organes de presse contrôlés par l’Etat iranien ont financé l'énorme récompense qui serait reversée à l’assassin potentiel de l’auteur britannique Salman Rushdie.

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Par Agathe Auproux,
Créé le 22.02.2016 à 15h55,
Mis à jour le 22.02.2016 à 16h10

Les médias d’Etat du régime iranien ont fait savoir le 15 février que 40 organes de presse contrôlés par l’Etat ont mis à prix la tête de l’auteur britannique Salman Rushdie pour 600 000 dollars (543 000 euros). L’annonce a été faite de manière à coïncider avec l’anniversaire de la fatwa publiée contre Salman Rushdie en 1989 par l'ayatollah Khomeini, le fondateur de la République islamique.

Mansour Amini, le président de la Saraj Cyberspace Organization, qui a contribué à cette mise à prix à hauteur de 500 millions de rials (soit environ 15 000 euros), a annoncé les noms des organes de presse qui ont participé au financement. L’agence de presse de l’Etat Fars News, proche des Pasdaran (les Gardiens de la révolution, organisation paramilitaire placée sur la liste officielle des organisations terroristes des Etats-Unis), fait partie des principaux contributeurs. Mansour Amini a affirmé que Fars avait donné un milliard de rials, c’est-à-dire près de 27 000 euros. Tehran Press News a alloué 300 millions de rials (9 000 euros), et Le Siège de défense de la vertu 500 millions (15 000 euros) pour l’assassinat potentiel de Salman Rushdie.
Le terrorisme est entremêlé avec l’existence même du régime iranien, et est l’un des piliers de sa survie. Shahin Gobadi
Shahin Gobadi, du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), a affirmé dans un communiqué du 21 février que "cela prouve clairement, une fois de plus, que le terrorisme est entremêlé avec l’existence même de ce régime et qu’il est l’un des piliers de sa survie. Le simple fait que même les soi-disant médias de ce régime allouent un budget au terrorisme montre bien que toutes les institutions de ce régime sont orientées vers ses objectifs funestes. Il est parfaitement absurde de penser que la théocratie au pouvoir puisse apporter la modération".

En 1989, Rouhollah Khomeini avait condamné à mort l'écrivain Salman Rushdie par une fatwa qui accusait celui-ci de blasphème contre le prophète Mahomet dans son livre Les versets sataniques, d'abord traduit en France chez Bourgois en 1998. Plon, Pocket puis Gallimard l'ont réédité en 1999, 2000 et 2012. La fatwa contre l'écrivain fait l'objet de plusieurs ouvrages, dont L'Affaire Rushdie de Raphaël Aubert (éditions du Cerf, 1990) ou La fatwa contre Rushdie : une interprétation stratégique de Ramine Kamrane (Kimé, 1997).

Le Guide Suprême du régime Ali Khameini et d’autres responsables iraniens ont réitéré cette fatwa à plusieurs occasions ces 27 dernières années. Ali Khameini a réaffirmé sa validité le 20 octobre 2015.


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