Le CNL précise son plan d'urgence de 5 millions d'euros à la filière livre | Livres Hebdo

Par Fabrice Piault, le 03.04.2020 à 18h59 (mis à jour le 03.04.2020 à 19h19) Crise sanitaire

Le CNL précise son plan d'urgence de 5 millions d'euros à la filière livre

Photo OLIVIER DION.

Une première tranche de 2 millions d'euros sera affectée pour moitié aux aides sociales aux auteurs, l'autre moitié se répartissant entre les librairies francophones à l'étranger et les maisons d'édition indépendantes les plus fragiles. Des fonds d'intervention seront par ailleurs créés pour les librairies et pour les éditeurs.

Le conseil d'administration du Centre national du livre a adopté, vendredi 3 avril à l'unanimité, le plan d'urgence de 5 millions d'euros en faveur de la filière du livre annoncé le 18 mars par le ministre de la Culture, Franck Riester, annonce le CNL le même jour dans un communiqué qui présente cette somme comme « une première enveloppe ».

« Au regard des besoins immédiats », le CNL a décidé d'affecter dès maintenant une première tranche de 2 millions d'euros, dont 1 million d'euros « en direction des auteurs du livre sous forme d’aides
sociales directes »
, 500 000 euros aux librairies francophones à l'étranger et 500 000 euros aux « maisons d'édition indépendantes les plus fragiles », indique le communiqué, qui précise que « le solde de cette première enveloppe de 5 millions sera alloué au fur et à mesure des nécessités ».

Pour les auteurs, la Société des gens de lettres (SGDL) constituera le « guichet unique de l'aide exceptionnelle d'urgence » du CNL, qui vise « les auteurs qui ne pourront pas bénéficier du fonds de solidarité nationale mis en place par le gouvernement » et qui pourront toucher jusqu'à 1500 euros mensuels, dans un premier temps pour les mois de mars et d'avril. Un formulaire de demande, à remettre par voie électronique à la SGDL au plus tard le 1er septembre, sera disponible au plus tard le 10 avril sur le site de la SGDL. « Les dossiers seront examinés, sur critères d’éligibilité et de façon anonymisée, par une commission ouverte aux autres organisations représentant les auteurs du livre », précise le communiqué du CNL.

Pour les libraires, d'une part, le conseil d’administration du CNL a voté le principe de la création d’un fonds d’intervention, ouvert à d'autres partenaires comme les régions, et destiné à « compenser la perte d’exploitation des librairies, par des apports sous forme de subventions ». D'autre part, l'enveloppe de 500 000 euros déjà décidée à l'intention des librairies francophones à l'étranger, sous réserve qu'elles aient déjà reçu une aide du CNL dans les dix dernières années ou qu'elle aient obtenu l'agrément « Librairie francophone de référence », leur sera accordée « selon la gravité de la situation du demandeur et du risque quant à la continuité de son activité, pour un montant compris entre 3 000 et 10 000 euros ». Les demandes devront être déposées sur le portail de demandes d'aide du CNL à partir du 15 avril.

Pour les maisons d'édition, le conseil d’administration du CNL a de même adopté le principe de la création d’un fonds d’intervention, ouvert à d'autres partenaires comme les régions pour « aider les maisons d’édition à faire face à leur perte d’activité, par des apports sous forme de subventions ». Parallèlement, l'aide exceptionnelle aux maisons d’édition indépendantes les plus fragiles, dotée dans un premier temps de 500 000 euros, « sera accordée selon la gravité de la situation du demandeur et du risque quant à la continuité de son activité, pour un montant compris entre 3 000 et 10 000 euros ». Elle vise des maisons réalisant un chiffre d’affaires annuel en vente de livres inférieur à 500 000 euros nets et qui ne bénéficient pas du fonds de solidarité nationale. « Le demandeur devra notamment apporter la preuve du paiement des droits d’auteur dus », souligne le communiqué du CNL, qui indique également que les demandes devront être déposées sur le portail de demandes d'aide du CNL à partir du 15 avril.

Enfin, aux organisateurs des manifestations devant se dérouler en mai et juin 2020, annulées pour cause de crise sanitaire, le CNL allouera et versera leurs subventions « à titre dérogatoire » en prenant en compte un budget prévisionnel révisé. Cette subvention attribuée dans des conditions exceptionnelles « sera conditionnée à l’engagement de l’organisateur de faire ses meilleurs efforts pour rémunérer dans les conditions initialement prévues les auteurs programmés, alors même que les événements sont annulés », précise encore le CNL.
close

S’abonner à #La Lettre