Innovation

Le numérique au service du livre (3/4) : C&F la liberté du codage

"on s’est dit : mais … pourquoi ne pas créer des livres comme on fait une page web ? - Photo Tiphaine Giraud

Le numérique au service du livre (3/4) : C&F la liberté du codage

Force est de constater que le numérique n’a pas signé l’arrêt de mort du livre. De nombreux éditeurs s’en servent même comme d’un outil de création au service du papier. Livres Hebdo présente quatre expérimentations numériques qui enrichissent le livre. Troisième volet, les éditions C&F qui s’affranchissent des logiciels de PAO. 
 

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Par Pauline Gabinari
Créé le 07.06.2021 à 14h01

Celui qui traine en bordure de Paris du côté du 12e arrondissement est peut-être passé devant cette petite vitrine grise où se mêlent des livres aux sonorités digitales. Culture numCyberstructureAux sources de l’utopie numérique… derrière ces titres aux abords compliqués se cache C&F, une maison militante qui soutient, clavier et écran en main, la promotion au sens large des usages du livre. Depuis plusieurs années, l’équipe a mis en place un système de codage permettant de s’affranchir des logiciels et donnant à chacun la possibilité de faire des livres. 

 

Sur l'écran, à gauche le texte, à droite le code- Photo TIPHAINE GIRAUD

 

Tout est parti d’un constat : « Avec mon associé on était passionné par les cultures numériques et un jour on s’est dit : mais … pourquoi ne pas créer des livres comme on fait une page web ? », raconte Nicolas Taffin, créateur de la maison. Leur idée fut alors simple, ne plus passer par un logiciel de PAO pour fabriquer un livre mais par un flux de production auquel on ajoute du codage. « Avec le code vous dites ce que vous voulez et vous obtenez ce que vous voulez, c’est beaucoup plus simple qu’il n’y parait », explique l’éditeur après une courte démonstration.

Conquis par la liberté qu’une telle technique apporte, il en égrène les avantages. Parmi eux, un aspect économique « pour ne plus payer la redevance mensuelle imposée par Adobe » et d’interopérabilité. Comme un langage universel, le format HTML – celui utilisé en codage –  peut être lisible dans le monde entier et avec n’importe quel logiciel ou navigateur. « De cette façon, le fichier n’est plus attaché à un éditeur. On récupère tout simplement la propriété de notre texte ! », se réjouit Nicolas Taffin, donnant pour exemple un texte monté sur In design, inexploitable une fois l’abonnement à Adobe résilié. 

 

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Refusant de faire de cet usage une technique comparable à la machine bien huilée d’un système industriel, Nicolas Taffin voit dans ce flux de production la possibilité de créer à l’infini. « Vous voyez cet encadré ? Et bien, en codage je peux lui donner l’aspect que je veux, ce qui est impossible sur les logiciels de PAO », annonce celui qui a parfois l’impression de travailler en recherche et développement tant les embuches ont été nombreuses pour mener à bien le projet. Plus avertie sur les techniques, C&F publie une nouvelle collection sur l'éducation avec une mise en page plus complexe, entièrement montée à partir d'un flux de production. De retour à son écran zébré de lignes de code le regard de Nicolas Taffin s'éveille "Ce qui est vraiment incroyable en code, c'est que si ça n’existe pas encore on peut le fabriquer." 

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