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Si la plupart des éditeurs de livres audio admettent volontiers que le téléchargement occupera une place de plus en plus importante dans leur activité, ils l'utilisent parcimonieusement. Plusieurs raisons expliquent leur prudence, à commencer par la plus basique : "La population à laquelle nous nous adressons est encore très conservatrice et sensible à l'objet CD, rappelle Christine Van den Bosch, des éditions VDB. Nous avons mis en place une plateforme de téléchargement en mai 2011, mais elle est surtout destinée aux Français qui vivent à l'étranger." L'Ecole des loisirs se contente aussi pour le moment de vendre des produits physiques. Mais, précise Véronique Haïtse, "la dématérialisation est une chose qui devient de plus en plus naturelle, et nous réfléchissons pour nous y mettre à notre tour". De même, Gallimard négocie actuellement avec les principales plateformes de téléchargement en ligne pour la commercialisation de son catalogue. Audiolib, qui ne dispose pas non plus de sa propre plateforme, travaille déjà avec Audible et Numilog. Thélème passe également un peu par Audible, sans pousser plus avant. "Je ne sais pas si le téléchargement est déjà pertinent, la plupart des lecteurs préfèrent avoir l'objet entre les mains", estime sa directrice, Adeline Defay.
De son côté, CDL éditions s'en remet à VOolume et Livraphone, mais n'est pas totalement satisfait du résultat. "Quand on signe un contrat avec un éditeur, on hésite toujours à inclure le téléchargement, car il y a des à-valoir supplémentaires à payer, alors que la plupart du temps les ventes ne sont pas significatives", souligne Alain Boulard. Vendus en moyenne 15 à 25 % moins cher que les produits physiques, les livres audio en téléchargement font l'objet de négociations serrées entre les éditeurs et les plateformes de vente en ligne, telles Audible, filiale d'Amazon, Numilog (Hachette) ou Livraphone. "Certaines plateformes proposent des conditions qui ne sont pas acceptables pour un éditeur, avec des remises à hauteur de 70 %. Nous travaillons quant à nous sur des remises de 30 à 40 % maximum", indique un éditeur qui souhaite rester anonyme. Frémeaux & associés a en revanche sauté le pas et réalise aujourd'hui 7 % de son chiffre d'affaires en vente de livres audio dématérialisés. "C'est une niche supplémentaire, elle est loin d'être marginale. Le téléchargement représente davantage que l'ensemble de nos ventes physiques dans les 55 magasins Fnac du pays", constate Patrick Frémeaux.

