Reportage

Les bibliothèques universitaires au temps du Covid-19

Salle de lecture de la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne - Photo DAHLIA GIRGIS

Les bibliothèques universitaires au temps du Covid-19

"On devra peut-être manger plus vite pour avoir une place, mais pour l'instant il n'y a pas de problème", témoigne une étudiante qui se rend à la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne. À la réouverture des bibliothèques universitaires, étudiants et personnels se préparent aux nouvelles procédures.

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Par Dahlia Girgis,
Créé le 09.09.2020 à 16h30,
Mis à jour le 11.09.2020 à 09h05

"La sortie, c'est dans ce sens s'il vous plaît !", interpelle un bibliothécaire. La phrase sera répétée plusieurs fois ce midi à la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (BiS). Un sens de circulation à l'aide de panneaux et de flèches est installé du hall d'accueil jusque dans les salles de lectures. Malgré cela, beaucoup de personnes ont du mal à se repérer. Réouverte le 1er septembre, la bibliothèque située dans le bâtiment historique de la Sorbonne (Paris IV), s'est dôtée d'un ensemble de procédure pour accueillir ses visiteurs par temps de la Covid-19.

"Nous sommes contents de reprendre, même si c'est complexe pour nous car on doit s'habituer aux nouvelles règles, mais tout est prévu pour que ce soit simple pour les lecteurs", explique Diane Demangeat qui travaille dans le département chargé de l'accueil des publics. Pendant plusieurs semaines, elle et son équipe ont préparé la réouverture. "On a réfléchi à ce qu'on pouvait mettre en place dès le mois de juin avec tout un circuit de validation des procédures", raconte la responsable.

Dès l'été, la BiS a suivi les recommandations du ministère de la Culture (bien que l'établissement dépende du ministère de l'Enseignement supérieur) qui préconisait notamment de mettre en quarantaine de sept jours les livres rendus. Aujourd'hui, les livres retournés par les lecteurs sont mis de côté durant trois jours, toujours selon ce que préconise le gouvernement. Les livres consultés sur place retournent directement sur les étagères. Le personnel compte sur la responsabilité des lecteurs pour utiliser le gel hydroalcolique mis à disposition.
 
Salle de détente transformée en zone de stockage à la BiS - Photo DAHLIA GIRGIS

"On a peu de places de stockage disponible, alors on a transformé la zone de détente où les lecteurs venaient prendre leur café en zone de quarantaine des livres", nous dit Diane. Dans la salle en question, les machines à café et snack sont allumées mais non utilisées. Les livres sont empilés au centre de la pièce sur différentes tables, selon leur jour de dépôt. "On garde les fenêtres grandes ouvertes pour bien aérer", rajoute la jeune femme.

Une capacité d'accueil limitée

Quel service garder ouvert ?  Cela a été l'une des principales préoccupations de l'équipe. "La salle de formation est utilisée pour stocker les chaises en trop puisque nous avons adopté le système d'une chaise sur deux, la salle des professeurs et de travail de groupe sont également fermées car l'espace est trop exigu", nous confie Ismaël Jude-Ferack, responsable de la communication. L'idée est de faire respecter la distanciation sociale et pour cela "le personnel veille à ce que les règles soient respectées", explique Diane Demangeat. En témoigne, le rappel à l'ordre de deux filles installées face à face dans une allée de l'établissement.

Pour éviter un flux important de personne, la BiS a limité sa capacité d'accueil à 190 personnes sur les 460 places habituellement disponibles. Dans la cour d'honneur, un étudiant préparant l'agreg' se dit inquiet à ce sujet : "La bibliothèque est très sécurisée maintenant avec toutes ces mesures, mais c'est peut-être un peu trop poussé car les tables sont longues dans certaines salles et la distance était déjà respectée avant de faire une place sur deux". Plus loin, une autre étudiante en pause déjeuner relativise :"On devra peut-être manger plus vite pour avoir une place, mais pour l'instant il n'y a pas de problème, alors on verra".
 
Hall de la BiS - Photo DAHLIA GIRGIS


"Une rentrée inhabituelle"

Afin de soulager d'éventuelles tensions sur la capacité d'accueil, la BiS a prolongé son service de Guichet Rapide 2020. "On l'a appelé le GR20, en l'honneur de la célébre randonnée (en Corse)", plaisante la responsable de l'accueil. Les personnes inscrites réservent en ligne les documents qu'ils récupèrent ensuite sur place via un rendez-vous pris sur l'application Affluences.
 
"On s'attendait à avoir beaucoup de monde car le mois de septembre est très lourd pour nous, mais finalement c'est une rentrée inhabituelle, nous n'avons pas eu beaucoup d'affluence", témoigne la jeune femme. Bien que certaines salles de lecture soient bien remplies, certaines pièces comme la bibliothèque de philosophie restent désertes. La rentrée universitaire aura lieu le 21 septembre, pour l'instant l'établissement accueille des étudiants et des chercheurs venus de partout.

Beaucoup découvrent les mesures prises en raison du contexte sanitaire. A l'instar d'une jeune étudiante qui prend son café : "Je ne savais pas du tout la limitation concernant les places, je vais y aller juste après je verrais bien tout ça". Les lecteurs, tout autant que le personnel, tentent de s'adapter. "Je me sens dans l'attente, ce n'est pas évident pour nous car il y a toutes ces nouvelles règles alors qu'on est habitué aux anciennes procédures et surtout les choses changent très vites, il faut s'adapter", nous confie Diane.

Des procédures presque identiques

La majorité des bibliothèques universitaires rouvrent cette semaine. D'un établissement à l'autre, les mesures prises en raison de la Covid-19 sont très similaires à celles prises à la BiS. Partout le port du masque est obligatoire, les distanciations sociales et le lavage des mains au gel hydroalcoolique sont demandés. À la bibliothèque de Paris 8-Saint-Denis, le nombre de places en salle est limité et, après chaque utilisation de PC, il est demandé aux usagers de désinfecter le matériel à l'aide de lingettes en libre service. Tous les livres retournés ou consultés en salles restent trois jours en quarantaine.

Certaines bibliothèques restreignent davantage leur accès aux salles de lecture. C'est le cas de la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (Bulac) qui a rouvert ses portes le mardi 8 septembre. Sa salle de lecture est accessible uniquement sur réservation pour les enseignants-chercheurs et aux étudiants en sciences humaines et sociales de certains établissements (Inalco, université Panthéon-Sorbonne, université Sorbonne Nouvelle, Sorbonne Université, Université de Paris, EFEO, EHESS, EPHE). Les doctorants spécialisés en langues et civilisations peuvent également bénéficier de la réservation de places, mais sur dérogation. Les autres étudiants ont seulement accès aux ressources en ligne.





Commentaires (1)

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Florence

il y a 2 mois à 09 h 11

Il faudrait commencer par relire l'article et corriger les fautes d'orthographe...


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