Centre culturel

Les Franciscaines à Deauville, un lieu unique prêt à ouvrir

Les Franciscaines à Deauville, un lieu unique prêt à ouvrir

Après trois ans et 17 millions d’euros de chantier, le pôle culturel des Franciscaines, à Deauville, s'apprête à ouvrir ses portes. L’ancien cloître et la chapelle accueillent maintenant médiathèque, musée, auditorium, salles d’ateliers, écrans géants, boutique et réfectoire. Gwénaëlle Lancelot, qui dirige la médiathèque et le fablab, nous expose l’esprit du lieu. Ouverture attendue pour la mi-mai.

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Par Fanny Guyomard,
Créé le 07.04.2021 à 09h56,
Mis à jour le 07.04.2021 à 14h20

Comment la médiathèque s’intègre-t-elle dans les Franciscaines ?
Tous les espaces et toute la programmation sont transversaux. Au niveau de l’organisation aussi, la bibliothèque est décloisonnée. Un médiateur spécialisé jeunesse, par exemple, reste polyvalent. Personne ne reste dans sa chapelle, on réfléchit tous ensemble à la programmation et un médiateur de la médiathèque peut aussi être guide dans une exposition.

Comment l’architecture du lieu traduit-elle cette transversalité ?
L’espace dédié au cheval par exemple présente à la fois les collections de la médiathèque et du musée. Sur les étagères, on trouve des livres, de la presse hippique, des tableaux, des gravures, des films, des vitrines avec des documents précieux…

En 2020, ce fonds sur le cheval vous a permis de devenir pôle associé de la Bibliothèque nationale de France. Quels sont ces « documents précieux » dont vous êtes particulièrement fiers ?
Nous avons une lettre de 1942 d’Heinrich Himmler [ministre de l’Intérieur du Reich], qui confisque les chevaux de centaines de familles de propriétaires afin de les mobiliser pour la guerre. Un tableau de 1859 du lithographe Henri Riballier-Chouppe, à l’encre de chine, montre les premières courses sur le territoire, avant l’hippodrome de Deauville. J’aime aussi la sculpture en bronze de Pierre Lenordez, qui représente Gladiateur, le premier cheval français à défier les Anglais chez eux ! Au total, nous avons 100000 documents sur le cheval, dont des livres sur le polo, le dressage, le jockey et 20000 photographies d’agence de presse de la France et de l’étranger. Je m'amuse à rappeler qu’à Deauville, l’hippodrome a été construit avant l’église, en 1864. La religion de Deauville c’est le cheval !

Vous êtes également la directrice du fablab. Aujourd’hui, livres, jeux et outils numériques sont indissociables ?
Oui, c’est inséparable ! En fait, le fil conducteur de tout le bâtiment est la « transmission », que tous les publics différents soient satisfaits. La programmation sera foisonnante, en lien avec les six autres festivals de Deauville. Le maire Philippe Augier (le père de Justine Augier, prix Renaudot de l’essai 2017 pour De l'ardeur) a mis la barre haute ! Il lit d’ailleurs plus que moi !

Dans ce nouveau cadre, le Festival Livres & Musiques va-t-il évoluer ?
Ce seront toujours plus de 5 000 Normands de 15 ans qui remettront leur prix, parmi quatre livres inspirés par la musique. Le festival se déroulera toujours sur trois jours, avec une trentaine de rendez-vous dans toute la ville. Mais désormais, le quartier général sera aux Franciscaines. Plus besoin d’exporter notre offre culturelle hors les murs : nous devenons un lieu central.

 

Un lieu complet

Depuis 1878, les Franciscaines a été un couvent, un orphelinat, une clinique et une école ménagère. Aujourd’hui, le lieu de 6200m2 n’a pas perdu de son éclectisme, combinant livres, peinture, spectacle vivant et numérique, tous ces supports ouvrant encore vers d’autres champs de l’art et du savoir. « Les différents espaces se nourrissent mutuellement : un artiste peut se produire en spectacle puis venir parler à la médiathèque de ses inspirations littéraires », illustre Caroline Clemensat, directrice des Franciscaines. La diversité amène à toucher un large public : local, scolaire, professionnel (à travers des séminaires) et touriste.
Le centre culturel, qui se trouve à cinq minutes à pied de la plage, se veut incarner l’art de vivre deauvillois et mettre en valeur son histoire. Le musée expose ainsi la collection normande et impressionniste du peintre André Hambourg, enrichi de peintures d’Auguste Renoir, de Claude Monet, d’Edouard Vuillard ou de Camille Corot. Au total, 185 œuvres réalisées de 1750 à 1950. Le visiteur peut également parcourir virtuellement le Centre Pompidou, le Château de Versailles ou la Villette dans la Micro-Folie. Cet espace accueille un fablab avec imprimante 3D, fraiseuse numérique et outils en tout genre qu’amateurs comme startupeurs peuvent manipuler gratuitement. On vient enfin contempler le bâtiment des Franciscaines en lui-même, des vitraux restaurés au lustre planétaire qui surplombe le cloître qui fait office de salle de lecture ou d’espace de rencontre.

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