Correspondances de Manosque

Leur première fois à Manosque

Rencontre entre Agnès Desarthe et Julie Ruocco aux Correspondances de Manosque 2021 - Photo MARINE DURAND

Leur première fois à Manosque

Auteures de premiers romans remarqués de la rentrée littéraire, Salomé Kiner (Grande couronne, Bourgois) et Julie Ruocco (Furies, Actes Sud) étaient invitées pour la première fois aux Correspondances de Manosque, du 22 au 26 septembre. A l’issue du festival, elles racontent la convivialité de ce rendez-vous à la programmation soignée.
 

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Par Marine Durand,
à Manosque,
Créé le 27.09.2021 à 10h33,
Mis à jour le 27.09.2021 à 11h00

Sur la scène édifiée place des Observantins, à Manosque, samedi 25 septembre à 11h, Julie Ruocco saisit le micro avec un soupçon de timidité pour raconter le parcours de Furies, finalisé dans la solitude du confinement, publié en août par Actes Sud et lauréat du prix Envoyé par La Poste 2021. "C’est la première fois que je viens aux Correspondances", souffle la jeune femme de 28 ans, devant un parterre de spectateurs masqués. Quelques instants plus tôt, huit usagers de la médiathèque de la ville ont lu des extraits de ce premier roman qui ausculte la guerre en Syrie, mais aussi quelques passages de L’éternel fiancé, d’Agnès Desarthe (L’Olivier), conviée à ses côtés à cet "apéro littéraire".

"C’était un moment totalement inédit pour moi, qui n’avais jamais entendu Furies lu par un tiers, souligne la primo-romancière. Certaines lectures et interprétations redécoupent le roman et donnent naissance à un nouveau texte." Lors de ces Correspondances 2021, Julie Ruocco a aussi partagé la scène avec Antoine Wauters, auteur de Mahmoud ou la montée des eaux (Verdier), lors d’une rencontre animée par l’éditrice et modératrice Maya Michalon. "J’ai aimé ces débats qui laissent le temps aux ouvrages de se déployer face à un public très dynamique. Et je retiendrai la magie des rencontres qu’on pense d’abord aléatoire et qui deviennent vite essentielles, comme avec Agnès Desarthe. Les Correspondances portent bien leur nom."

Intime et littéraire

Malgré le déluge qui s’est abattu sur la manifestation provençale le dimanche, Salomé Kiner n’a pas boudé son plaisir de revenir à Manosque comme écrivaine, "longtemps après avoir découvert le rendez-vous en tant que festivalière". "Ici, il y a un enchantement de l’objet livre, avec les écritoires, qui invitent les passants à prendre la plume, un public fidèle, et des événements qui dynamisent le rapport à la lecture", observe la primo-romancière, qui s’est précipitée dès son arrivée à la rencontre avec la Britannique Deborah Lévy.
 
Salomé Kiner aux Correspondances de Manosque 2021 - Photo MARINE DURAND


Nancy, Besançon, Namur, Morges, en quelques semaines, Salomé Kiner a multiplié les salons et festivals de rentrée pour présenter Grande couronne, roman d’apprentissage sur une adolescente de banlieue parisienne, paru le 19 août aux éditions Christian Bourgois. Manosque, "c’est le juste milieu entre la solitude de l’écriture, et les grands salons qui fonctionnent un peu comme des grosses machines. Il y a un côté plus intime, une vraie bienveillance et une programmation très littéraire qui a fait la renommée du festival", ajoute celle qui a pu évoquer son ouvrage en même temps que Timothée Stanculescu (L’Eblouissement des petites filles, Flammarion). La journaliste française installée en Suisse a d’ailleurs profité de la manifestation pour interviewer elle-même des auteurs, assister à des spectacles, et prendre des cafés avec des connaissances. Sans oublier "le plaisir de la déambulation" dans les jolies ruelles de la cité provençale.
 
 

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