Clermont-Ferrand

Librairie : la relance réussie des Volcans

Les Volcans d’Auvergne. - Photo CÉCILE CHARONNAT/LH

Librairie : la relance réussie des Volcans

Gérée depuis la faillite de la chaîne Chapitre par une société coopérative, dont 12 salariés sont les associés majoritaires, la librairie clermontoise affiche un premier bilan convaincant que l’équipe attribue en partie à son statut original.

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Par Cécile Charonnat,
Créé le 18.09.2015 à 00h00,
Mis à jour le 18.09.2015 à 10h44

On les attendait au tournant, ils sont au rendez-vous. Ce samedi 19 septembre, les 12 repreneurs de la librairie Les Volcans d’Auvergne à Clermont-Ferrand, fermée le 10 février 2014 suite à la liquidation du groupe Chapitre, fêtent leur première année d’activité et la réussite de leur pari : reprendre en coopérative (Scop) une grande librairie (voir "En chiffres"), véritable institution culturelle dans sa ville. Outre la célébration de cet anniversaire, la journée, ponctuée de deux concerts et de quatre rencontres, constitue "une belle manière de consolider le lien avec les clients et de les remercier d’être revenus en masse", explique Martine Lebeau, "scopeuse" assurant la gérance du magasin.

Rouverte le 18 août 2014, la librairie Les Volcans présente en effet un bilan économique plus que satisfaisant. A la clôture de l’exercice, le 31 mars 2015, 4,44 millions d’euros ont été engrangés, soit en sept mois et demi 78 % du chiffre d’affaires prévisionnel fixé à 5,7 millions d’euros sur 12 mois. Le magasin a également retrouvé une marge commerciale équivalente à celle de 2008, avant le rachat par Chapitre. De quoi distribuer une première participation, égalitaire, aux 36 salariés, et afficher un certain optimiste pour l’année en cours où le chiffre d’affaires devrait atteindre, toujours selon le même prévisionnel, 6 millions d’euros. "Mais il y avait une telle attente et une telle motivation militante que cette première année était facile, tempère Martine Lebeau. Maintenant, nous rentrons davantage dans la norme, à nous de transformer l’essai."

La gérante attribue une part de la réussite au modèle coopératif. Sans changer le fonctionnement de l’entreprise au quotidien, dont les grandes orientations sont certes décidées à l’unanimité des 12 "scopeurs", mais qui est pilotée au quotidien par Martine Lebeau, la Scop a apporté une ambiance différente, dominée par la bonne volonté, l’implication et le sens du collectif. "Tout en restant centrés sur l’essentiel, c’est-à-dire la réussite commerciale, je demande à chacun, associé ou pas, de s’approprier les lieux et d’agir en conséquence : sortir des sentiers battus et innover", précise Martine Lebeau. Conjuguée à une hiérarchie souple, cette position encourage idées et initiatives. "Nous avons l’impression d’avoir retrouvé un cerveau", apprécie la gérante.

Avec l’aide d’un coach

Pour autant, passer de simple exécutant à copropriétaire ne se fait pas sans difficulté. D’abord parce qu’il a fallu tout apprendre, du montage de dossier de reprise aux rouages administratifs et gestionnaires de l’entreprise. L’aspect le plus délicat a sans doute été la construction du collectif autour des 12 repreneurs. "Pour certains, nous travaillions ensemble depuis vingt-cinq ans, cela fait un certain passif et pas mal de casseroles", constate Martine Lebeau. Il a donc fallu apprendre à mieux se connaître, à communiquer, à s’écouter et à poser les valises pour repartir les épaules plus légères.

En chiffres

4,44 millions d’euros de CA réalisés en sept mois et demi, dont 80 % avec le livre.

1 700 m2 de surface commerciale, 2 200 m2 au total.

95 000 références dont 75 000 en livre.

36 salariés, dont 5 embauchés cette année.

Sur les conseils d’Arnoult Boissau, président de l’Union régionale des Scop d’Auvergne et "treizième homme des Volcans", assure Martine Lebeau, le processus s’est déroulé avec l’aide d’un coach, que la gérante aimerait d’ailleurs faire à nouveau intervenir. "Finalement, en mettant l’humain au cœur de l’entreprise, la Scop amène peut-être un niveau de complication supplémentaire. Mais cela reste un formidable outil pour la librairie, à condition d’anticiper et de former les candidats", témoigne Martine Lebeau, qui espère que l’exemple des Volcans puisse montrer la voie, notamment pour les transmissions de librairies.


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