Quel est l’intérêt de mutualiser son action en matière de lecture publique ? Le 13 juin, le conseil général du Val-d’Oise, l’association Cible 95, la communauté d’agglomération Val-et-Forêt et le parc naturel régional du Vexin français organisaient à Ermont, sur cette question qui préoccupe nombre d’élus et de professionnels, un colloque intitulé « Bibliothèques et lecture publique : quels services à quelle échelle ? ».
« On a tendance à penser que la mutualisation est synonyme de contraintes. Nous voudrions vous montrer qu’il existe des possibilités très variées. L’intercommunalité en est une, mais ce n’est pas la seule », a indiqué Cécile Le Tourneau, directrice de la bibliothèque départementale du Val-d’Oise en préambule. Les différentes expériences concrètes rapportées lors du colloque ont en effet démontré la diversité des solutions qu’il est possible de mettre en œuvre. La communauté d’agglomération Val-et-Forêt, dans le Val-d’Oise, gère la lecture publique depuis 2010 avec la volonté de ne supprimer aucune structure même parmi les plus petites, et de faire circuler les usagers sur l’ensemble du territoire. Dans l’agglomération de Cergy-Pontoise, les communes continuent de gérer leur lecture publique tout en développant un travail en réseau.
Idem à Bocage-Hallue, communauté de communes de la Somme, qui fédère 5 bibliothèques municipales desservant 26 villages autour d’une programmation culturelle commune. Une démarche importante sur ce territoire rural qui ne compte ni théâtre ni salle de spectacle. « En cinq ans, nous sommes passés des bibliothèques dépôts de livres à des bibliothèques lieux de culture », relève Lucie Devresse, coordinatrice du réseau. La commune de Jouars-Pontchartrain a pour sa part opté pour une solution originale : la création du réseau Au fil des pages, qui rassemble 10 communes, certaines dans l’intercommunalité, d’autres non, mais toutes désireuses de travailler ensemble.
Faire mieux avec moins
Les services le plus souvent mis en place à l’échelle d’un réseau sont la carte unique, un catalogue commun, la possibilité pour les usagers d’emprunter dans n’importe quel établissement et de faire acheminer des documents du réseau, l’élargissement des horaires d’ouverture. Comme l’a résumé Coryse Vandecasteele, directrice des territoires et de l’habitat au conseil général du Val-d’Oise, mutualiser c’est « faire mieux ensemble ce qu’on ne peut pas faire seul ». Les participants ont souligné l’importance de communiquer sur le projet, de construire des méthodes de travail en commun et d’accompagner le changement auprès des équipes. « Il n’y a pas de modèle unique mais différentes formules. Ce qui est sûr, c’est que les territoires ne s’arrêtent pas à la palissade du village », a conclu Jean-Pierre Béquet, vice-président du parc naturel régional du Vexin français. Véronique Heurtematte
