Lauréat

Mehdi Charef reçoit le prix littéraire du Palais de la Porte Dorée 2020

Mehdi Charef - Photo CYRILLE CHOUPAS

Mehdi Charef reçoit le prix littéraire du Palais de la Porte Dorée 2020

Le romancier et réalisateur né en Algérie reçoit son premier prix littéraire majeur pour un récit autobiographique sur son enfance et son émigration en France.

Par Vincy Thomas,
Créé le 17.06.2020 à 12h30,
Mis à jour le 17.06.2020 à 13h00

Le Prix littéraire de la Porte Dorée 2020 a été attribué à Mehdi Charef pour Rue des pâquerettes, paru en janvier 2019 aux éditions Hors d’Atteinte.  Le livre sera publié en poche chez Pocket le 3 septembre. Le livre avait été sélectionné pour le prix Marcel Pagnol et le prix Hors-Concours l'an dernier.

Le prix récompense chaque année une œuvre écrite en français ayant pour thème l’exil, l’immigration, les identités plurielles ou l’altérité liée aux réalités migratoires. Il est doté de 4000 euros.

Rue des Pâquerettes est le récit de l'arrivée de l'auteur en France, en 1962, dans le bidonville de Nanterre. Le petit Mehdi, ses frères, ses sœurs et sa maman arrivent tout droit de la région de Tlemcen pour retrouver le père de famille, travailleur en France depuis plusieurs années et installé dans un baraquement de fortune, au sein d’un environnement quasi uniformément algérien. Il décrit le froid, la boue, l'humiliation et le racisme ordinaire, mais aussi cet instituteur qui l'initie à la littérature ou la douceur d'une voisine. Du haut de ses dix ans, Mehdi observe et commente ce qui l’entoure avec acuité, intelligence, parfois même avec humour.

"C’est un enfant algérien qui parle de son itinéraire et de son rapport à ses parents mais dans un espace surprenant, celui d’un bidonville de Nanterre. C’est un texte très émouvant. Il y a une écriture transparente, sans emphase, mais qui finit par toucher le lecteur" déclare Nedim Gürsel, président du jury.

Né en Algérie en 1952, romancier, scénariste et cinéaste, Mehdi Charef est arrivé en France en 1962. Il a connu les bidonvilles, les cités de transit et l’usine avant de publier quatre romans, tous au Mercure de France, et de réaliser onze films, dont Le Thé au harem d’Archimède (1984, César du meilleur premier film), d'après son roman publié en 1983, Miss Mona, Marie-Line et Graziella (2005).

Le jury était composé de Kaoutar Harchi, écrivaine et sociologue, Mathieu Simonet, écrivain, Judith Roze, directrice du Dé-partement Langue française, Livre et Savoirs - Institut français, Sébastien Zaegel, délégué général de l’Association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis et Fernando Barros, libraire, Librairie Tschann. Grace au soutien de la Fondation SNCF, deux classes de lycées de la région Île-de-France, lycées Paul Valery (Paris) et Jules Verne (Cergy), ont été associés au jury du prix.

La sélection 2020 comprenait 7 autres titres choisis par le comité de lecture interne du Palais: Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena, Prix des libraires de Nancy-Le Point 2019, Rhapsodie des oubliés de Sofia Aouine, prix de Flore 2019, Zébu boy d’Aurélie Champagne, Mur Méditerranée de Louis-Philippe Dalembert, Les métèques de Denis Lachaud, Un soleil en exil de Jean-François Samlong et Tous tes enfants dispersés de Beata Umubyeyi-Mairesse.
 

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