Proclamation

Négar Djavadi remporte le prix de la Porte Dorée 2017

Négar Djavadi - Photo P. Matsas

Négar Djavadi remporte le prix de la Porte Dorée 2017

La scénariste, réalisatrice et auteure d’origine iranienne a été récompensée pour son premier roman Désorientale (Liana Levi, 2016).

Par Cécilia Lacour
Créé le 08.06.2017 à 22h00

Le prix littéraire de la Porte Dorée 2017, chapeauté par le Musée national de l’histoire de l’immigration et qui récompense chaque année une œuvre de fiction écrite en français ayant pour thème l’exil, l’immigration, les identités plurielles ou l’altérité, a été attribué, jeudi 8 juin, à Négar Djavadi pour Désorientale (Liana Levi). Déjà récipiendaire du prix du Style, du prix Première et de L’Autre prix 2016, la lauréate de cette 8e édition a été choisie parmi cinq titres sélectionnés.
 
Dans Désorientale, Négar Djavadi, scénariste et réalisatrice d'origine iranienne, raconte le parcours de Kimiâ Sadr, native de Téhéran mais exilée en France, qui suit un protocole d'insémination artificielle pour avoir un enfant avec son amie, Anna. Dans la salle d'attente, elle se remémore ses souvenirs, sa famille, ses parents, opposés aux différents régimes en place. Le roman, tout en racontant l'Iran des années 1970, évoque les questions d'identité, d'exil et de transmission.

"Dense et généreux"
 
Dans son avant-portrait de la primo-romancière (Livres Hebdo du 10 juin), Véronique Rossignol parlait de Désorientale en évoquant une "fresque ample, politique, mais aussi musicale et cinématographique, les deux amours de cette scénariste qui vient de l’image et a placé en exergue du roman les paroles d’une chanson de PJ Harvey".

"La saga familiale, l’évocation des exils multiples, les allers-retours entre passé et présent ainsi que l’événement constituent la force de ce roman, très dense et généreux", estime de son côté le jury du prix dans un communiqué.
 
"Dédramatiser l'exil"

"C’est quelque chose d’incroyable dans mon histoire personnelle, ça veut bien dire que cette histoire qui est la mienne, s’inscrit dans l’histoire de l’immigration en France et qu’on a su, comme d’autres auteurs de la liste (Maryam Madjidi) dépasser notre histoire, on a su la raconter (…) pour dédramatiser l’exil, l’immigration et ce qu’on veut nous faire croire de l’immigration comme danger. Il y a une harmonie qui se crée entre l’immigré et l’histoire du pays d’accueil et qui passe par la littérature. Ça montre aussi qu’on vient enrichir un pays, à travers la langue, et ça fait plaisir de se le dire", a réagi Négar Djavadi, qui recevra officiellement son prix, doté de 4 000 euros, lors d’une cérémonie au Palais de la Porte Dorée, jeudi 8 juin.
 
Le jury du prix de la Porte Dorée 2017, présidé par le lauréat 2016 Doan Bui, se compose de Judith Roze, directrice du Département Langue française, Livre et Savoirs de l’Institut français, Alexis Nuselovici (Nouss), titulaire de la chaire “Exil et migrations”, Collège d’études mondiales (FMSH), Yvan Amar, journaliste à RFI, Mustapha Harzoune, critique littéraire, Elena Guritanu, libraire, Maryse Mondain, libraire, du délégué de la classe de 2de du lycée Corot (Savigny-sur-Orge) et de la déléguée de la classe de 1ère ES – L du lycée Galilée (Cergy).

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