Mort de Karl Lagerfeld, couturier, photographe, libraire et éditeur | Livres Hebdo

Par Léopoldine Leblanc, avec AFP, le 19.02.2019 à 15h23 (mis à jour le 19.02.2019 à 16h00) Disparition

Mort de Karl Lagerfeld, couturier, photographe, libraire et éditeur

Karl Lagerfeld en 2014 - Photo CHRISTOPHER WILLIAM ADACH/CC BY-SA 2.0

Le créateur à la tête de la maison Chanel est mort mardi 19 février à l’âge de 85 ans. Egalement photographe et lecteur insatiable, il a signé plusieurs livres de photographie et créé la librairie 7L ainsi que la maison d’édition du même nom à Paris.

Figure du monde de la mode, le styliste allemand Karl Lagerfeld est mort des suites d'un cancer mardi 19 février à l’âge de 85 ans, a annoncé à l’AFP la maison Chanel dont il était le directeur artistique depuis 36 ans. Il n'avait pas pu assister à son dernier défilé il y a deux semaines.
 
Surnommé le Kaiser ("L’empereur"), Karl Lagerfeld était par ailleurs directeur artistique de la maison italienne Fendi depuis 1965 et de sa propre marque de prêt-à-porter, fondée en 1984. Son nom et son allure de marquis aux lunettes noires reste étroitement associé à la maison de la rue Cambon qu’il a remise sur pied dans les années 1980. Il y a signé des défilés aux mises en scène spectaculaires et lancé la carrière de mannequins stars (Inès de la Fressange, Claudia Schiffer, Cara Delevingne).
 
Styliste, photographe et éditeur

Boulimique de travail, Karl Lagerfeld œuvrait également comme photographe, notamment pour les campagnes Chanel. Il a publié une trentaine d’ouvrages chez l’éditeur allemand Gerhard Steidl (Villa Noailles, 2015 ; La petite veste noire, 2012 ; Chanel's Russian connection, 2009). En 2000, il s’associe avec l’éditeur pour créer les éditions 7L, du nom de la librairie qu’il a fondée un an plus tôt dans le 7e arrondissement de Paris. La boutique située rue de Lille offre une sélection éclectique de titres dans les domaines chers à celui qui en est le principal client (architecture, design, art moderne et contemporain, photographie, arts décoratifs, etc.).

Propriétaire de 300000 ouvrages

Figure emblématique et mondaine parisienne, il était aussi cité dans des livres aussi différents que La possibilité d'une île de Michel Houellebecq, Le Diable s'habille en Prada de Lauren Weisberger et Le crocodile devenu le sac à main de Karl Lagerfeld de Marie-Noëlle Demay. On le retrouve aussi dans plusieurs ouvrages issus d'émissions de télévision (Les bios (très) interdites de Vincent Dedienne, Salut les Terriens! les meilleurs vannes).

En tant qu'auteur, il avait écrit Le monde selon Karl (Flammarion, 2013), florilège de ses bons mots, pensées et où il partage son point de vue sur le style, la mode, le régime, la renommée, Chanel, sa mère, la littérature... Obsédé par la minceur, il avait également sorti avec Jean-Claude Houdret Le meilleur des régimes (J'ai lu, 2010).

Il était aussi passionné de livres, au point de lancer en 2011 Paper Passion, un projet de fragrance inspirée de l'odeur des vieux livres accompagné d'un écrin-livre conçu par l'éditeur Steidl.


« Le fou des livres »

Lecteur insatiable, Karl Lagarfeld était connu pour les bibliothèques foisonnantes de ses différentes propriétés de Biarritz, Paris, Rome, Monaco et New York. Dans un portrait du Monde publié le 22 juillet 2006, le styliste est présenté comme "le fou des livres", propriétaire d’une bibliothèque totalisant 300000 ouvrages. "Je crois davantage aux attaches spirituelles qu’aux attaches matérielles. Je ne pourrais pas vivre sans livres, sans papier pour dessiner ou écrire. Je suis ravi de vivre dans cette accumulation de savoir, d’images et de mots", déclare-il dans cet article. La journaliste, Christine Coste, y dévoile la création d’une "grande bibliothèque" rassemblant un fonds des livres en "surplus" du styliste. "Son ouverture à des lecteurs après sa mort est une éventualité qu’il [Karl Lagerfeld] ne rejette pas", précise-t-elle.
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