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Belgique francophone : un bilan 2025 contrasté pour les librairies indépendantes

La librairie bruxelloise Tropismes, en 2024 - Photo DP

Belgique francophone : un bilan 2025 contrasté pour les librairies indépendantes

Actrices incontournables de la diversité éditoriale, les librairies indépendantes de Belgique francophone terminent l’année 2025 avec un chiffre d’affaires en légère progression. Une évolution positive mais qui ne saurait faire oublier la fragilité économique structurelle du secteur.

Par Élodie Carreira
Créé le 05.02.2026 à 14h38

Bilan contrasté pour les librairies indépendantes de Belgique francophone. D’après les données de l’Observatoire de la librairie, outil développé par le Syndicat des librairies francophones de Belgique (SLFB), le chiffre d’affaires des 47 enseignes interrogées a progressé, en 2025, de +1,4%. Une évolution positive, certes, mais qui témoigne d’un ralentissement avec un résultat inférieur à l’année précédente (+2,76%), confirmant ainsi la fragilité structurelle du secteur.

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Dans le détail, les librairies indépendantes ont été portées majoritairement par le cœur de leur activité : la vente directe de livres en magasin, qui a représenté 88 % du chiffre d’affaires. À l’inverse, à rebours de la dynamique observée en France, les ventes aux collectivités poursuivent leur repli. Un phénomène qui contribue à la fragilisation d’équilibres économiques déjà ténus, dans un secteur où la rentabilité moyenne dépasse à peine 1 %.

Des tendances de vente plutôt stables

Du côté des rayons, les segments littérature, bande dessinée et jeunesse dominent largement les ventes au comptant, totalisant à eux seuls plus de 66 % du chiffre d’affaires. En revanche, pour les ventes facturées, c’est le scolaire qui pèse le plus lourdement, avec près d’un quart des revenus, devant la jeunesse et la littérature.

La diversité de l’offre reste d’ailleurs l’un des marqueurs forts du secteur avec plus de 215 000 références différentes vendues en 2025. Les nouveautés, titres parus il y a moins de 12 mois, génèrent 54,5 % du chiffre d’affaires au comptant, tandis que le fonds domine la vente facturée (58,8 %), en lien direct avec le poids du scolaire.

Le format poche conserve, quant à lui, une place stable, et représente près de 16 % du chiffre d’affaires total pour plus de 28 % des volumes vendus. Sa progression en valeur s’explique, d’après le SLFB, par une hausse du prix de vente moyen (+1,8 %) plus marquée que pour le grand format.

Un rôle socio-culturel unique

Au-delà des indicateurs économiques, le SLFB insiste sur la dimension culturelle et sociale d’un métier qui « continue de susciter des vocations ». Une dynamique qui « repose sur l’engagement des libraires », qui, au travers de leurs mises en rayon, de leurs animations et de leurs conseils, continuent à défendre la création éditoriale et à faire vivre un « lieu de rencontre et de découverte culturelle ».

Citant la distribution de chèques-lire à des enfants venus en librairie avec leur classe, projet mené en 2025 par le SLFB avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le syndicat a également tenu à rappeler le rôle des libraires dans l’accès à la lecture et confirmé un intérêt toujours marqué des jeunes pour le livre.

« Ce sont surtout les opportunités d’accès à la librairie qui tendent à se raréfier », a pointé du doigt le syndicat. Lequel appelle désormais à « un soutien institutionnel durable en faveur de la lecture » jugé « indispensable pour permettre aux librairies indépendantes de poursuivre leur mission de médiation, de transmission et de lien social au cœur de la cité. »

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