Livre d'occasion

Occasion : la Bourse aux livres rémunère désormais les auteurs

Un rayon occasion à Paris - Photo Olivier Dion

Occasion : la Bourse aux livres rémunère désormais les auteurs

La plateforme en ligne La Bourse aux livres, spécialisée dans l’occasion, propose désormais à ses utilisateurs de reverser 10% de leurs achats aux auteurs. De quoi donner des idées aux autres acteurs d'un marché du livre d'occasion toujours en croissance ? 

Par Antoine Masset
Créé le 27.02.2024 à 14h44 ,
Mis à jour le 18.03.2024 à 08h04

La plateforme en ligne La Bourse aux livres veut rémunérer les auteurs sur les achats de livres d’occasion sur la base du volontariat de ses utilisateurs. Les clients peuvent désormais choisir de reverser, en supplément de leurs achats, 10% supplémentaires à destination des auteurs, pendant que les vendeurs peuvent, eux, transférer l’intégralité ou une partie de leurs gains. Les fonds collectés seront redistribués aux auteurs via la Société française des intérêts des auteurs de l’écrit (Sofia). La Bourse aux livres est actuellement en négociations avec cette dernière pour finaliser ce nouvel accord de redistribution.

Un marché plus juste

Le but du processus : rendre plus juste la création littéraire, même sur le marché de l'occasion. D'après un sondage mené par la plateforme, 47% de ses utilisateurs sont favorables à ce versement d'une commission des auteurs pour les ventes de seconde-main.

L'initiative de La Bourse aux livres est inédite sur un marché en ligne du livre d'occasion sur lesquelles sont déjà présents Momox, Book Village, Chapitre... Sur le marché physique de l'occasion, aucune librairies ne met non plus en place de rémunération des auteurs.

Lire aussi : 40 ans de la Loi Lang: Les nouveaux réseaux de l'occasion

Dans les rayons de Gibert Joseph, première librairie française du Top 400 Livres Hebdo, les clients semblent être pour une démocratisation de cette rémunération. Luc, compositeur de 73 ans, achète très fréquemment des livres d'occasion: « Je serais tout à fait prêt à payer ces 10%. Je suis compositeur, je comprends très bien car les droits d’auteurs me concernent aussi »

« J’achète beaucoup de livres d’occasions, mais je ne savais pas que les auteurs ne recevaient pas d’argent. Je suis prêt à donner car oui, ça me semble normal et important », déclare Lazare, 19 ans. Plongée dans les livres jeunesse, Julie, journaliste de 40 ans, va même plus loin : « Je pense qu’il faudrait que ça soit obligatoire. Il vaut mieux directement inclure cette rémunération dans le prix du livre d’occasion plutôt que de se baser sur un système incitatif. »

Équilibrer la filière

Cette problématique a déjà été abordée au sein de la filière afin de trouver une solution pour satisfaire libraires, éditeurs et auteurs. « Il existe bien entendu une inquiétude partagée par les éditeurs de voir croître la proportion des livres d’occasion alors que leur exploitation ne donne lieu à aucune rémunération de la chaîne du livre. Nous devons rechercher collectivement une solution qui préserve les équilibres de notre filière » déclarait le directeur général du SNE Renaud Lefbvre à Livres Hebdo en octobre 2023.

Le secteur du livre d'occasion continu chaque année sa belle croissance, 9% en 2022 (contre 1% pour les livres neufs), représentant 350 millions d’euros de chiffre d’affaires (+49% en 5 ans) selon les chiffres de la Sofia et du ministère de la Culture. L'année dernière, un livre sur cinq acheté en France était d'occasion. 

Les dernières
actualités