Pierre Astier : "La justice turque joue avec les nerfs de tout le monde" | Livres Hebdo

Par Cécilia Lacour, le 29.12.2016 à 18h14 (mis à jour le 29.12.2016 à 19h47) Asli Erdogan

Pierre Astier : "La justice turque joue avec les nerfs de tout le monde"

Asli Erdogan - Photo UWOLNIĆ ASLI ERDOĞAN FACEBOOK

Asli Erdogan va être libérée de prison dans la soirée. Mais l'auteure n'est pas innocentée pour autant. Pour son agent, Pierre Astier, tout est encore possible. Il appelle à la prudence.

En détention provisoire depuis plus de quatre mois, Asli Erdogan va sortir de la prison pour femmes de Bakirköy dans la soirée, après qu’un tribunal d’Istanbul ait ordonné la remise en liberté provisoire, sous contrôle judiciaire, de l’auteure turque ainsi de la linguiste Necmiye Alpay et de l’ancien rédacteur en chef Zana Bilir Kaya.
 
Les accusés ne sont toutefois pas acquittés et le procès doit reprendre le 2 janvier 2017, selon l’agence de presse turque Dogan. Asli Erdogan peut encore être déclarée coupable. "Rien n’est impossible. La justice turque joue avec les nerfs de tout le monde, et surtout avec ceux de ces malheureux", déplore à Livres Hebdo Pierre Astier, son agent en France (Astier-Pécher), en ajoutant que le verdict rendu ce 29 décembre "est une bonne nouvelle mais pas si bonne que ça". Il espère que l’auteure pourra "rendre visite à sa mère" et "se soigner".
 
A l’heure actuelle, des dizaines de personnes attendent de pied ferme la sortie de l’écrivaine, aux portes de la prison turque. Pour Pierre Astier, tout le monde voudra avoir un mot d’elle. "Mais j’imagine qu’elle ne va pas pouvoir s’exprimer car elle prend des risques si elle le fait. J’espère que tout le monde, sur place, sera raisonnable et prudent pour ne pas la mettre en danger" avant le 2 janvier, date de la reprise du procès. 
 

Asli Erdogan est sortie de prison

La romancière turque est sortie de prison aux alentours de 19h30 (heure de Paris). "Je ne réalise pas encore, je suis sous le choc" a-t-elle déclaré, après 132 jours de détention. "Je ne m'attendais pas du tout à être libérée" a-t-elle ajouté, visiblement épuisée. 

L'AFP, présente sur place, rapporte ses propos: "Ils te prennent et te jettent dans un trou. C'est très dur, c'est comme si j'étais encore à l'intérieur", a confié l'écrivaine avant d'éclater en sanglots. Interrogée sur ce qui lui avait manqué le plus, elle a répondu sans hésiter : "La mer". "Danser, les ballets, la musique classique", a-t-elle énuméré en cascade.

Elle ajoute: "Je ne pensais pas tenir quatre mois et demi, mais j'ai tenu."

"Vraiment, c'est une force étrange qui m'est venue". 

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