Disparition

Pierre Hassner, spécialiste des relations internationales, est décédé

Pierre Hassner - Photo DR

Pierre Hassner, spécialiste des relations internationales, est décédé

Le géopolitologue et philosophe Pierre Hassner est décédé samedi 26 mai à l'âge de 85 ans.

J’achète l’article 1.50 €

Par Cécilia Lacour,
avec AFP,
Créé le 28.05.2018 à 17h36,
Mis à jour le 28.05.2018 à 18h00

Le spécialiste français des relations internationales Pierre Hassner, penseur de la violence, de la guerre et du totalitarisme, est mort samedi 26 mai à l'âge de 85 ans, a annoncé l'Institut d'études politiques de Paris sur son site internet.
 
Né en 1933 à Bucarest, en Roumanie, dans une famille juive qui s'est convertie au catholicisme pour se protéger des persécutions pendant la Seconde Guerre mondiale, Pierre Hassner a émigré en 1948 à Paris. Il a intégré l'Ecole Normale Supérieure (ENS) et a passé l'agrégation de philosophie en 1955. Deux ans plus tard, il a obtenu la nationalité française.
 
Considéré comme l'héritier de Raymond Aron, dont il avait été l'élève, et de Hannah Arendt, Pierre Hassner a marqué des générations d'étudiants, à Sciences-Po où il a enseigné de 1964 à 2003, et dans de multiples universités à travers le monde. Il a également été directeur de recherche émérite au Centre d'études et de recherches internationales (Ceri) et à la Fondation nationale des sciences politiques.
 
"Approche inclassable"
 
A travers la philosophie, Pierre Hassner a porté les principes universels des droits de l'homme au cœur de son approche des relations internationales. "Etant parti de la philosophie, puis allé vers la politique internationale, je reviens, par une sorte de cercle à la philosophie et à l’ordre de l'âme", écrivait-il dans La violence et la paix (Esprit, 1950, réédité à plusieurs reprises au Seuil ou en poche chez Points).

Pierre Hassner a publié de nombreux articles et des ouvrages consacrés aux relations internationales, tels Les Alliances sont-elles dépassées? (Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1966) et Washington et le monde: dilemmes d'une superpuissance (Autrement, 2003), co-écrit avec Justin Vaïsse.
 
Il a également dirigé des ouvrages comme Les relations internationales (La documentation française, 2012) ou Justifier la guerre? De l'humanitaire au contre-terrorisme (Presses de Science Po, 2013). Son dernier ouvrage, La revanche des passions: métamorphoses de la violence et crises du politique, est paru chez Fayard en 2015. Il s'y interrogeait sur les notions de frontières, de guerre juste, ou encore sur l'identité européenne.
 
Jacques Rupnik, directeur de recherche au Ceri a rendu hommage, dans Le Monde, à l'"exceptionnel brio" de Pierre Hassner ainsi qu'à "son approche inclassable, indifférente aux modes académiques ou intellectuelles, sa générosité et sa disponibilité dans un milieu où ce ne sont pas les qualités les plus répandues".





Commentaires (0)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous

On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités