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Fidèles à une technique maintenant bien rodée, les éditeurs scolaires ont commandé un sondage (1) sur l'équipement en manuels des élèves du primaire, cette fois, qui s'est transformé en plébiscite massif : 94 % des parents et 85 % des enseignants interrogés sont favorables à la mise à disposition pour tous d'un "cartable essentiel" qui contiendrait 6 ouvrages (maths, français, grammaire, histoire-géo, un dictionnaire, un livre jeunesse), selon les résultats présentés le 20 mars lors d'une conférence de presse. Parents et enseignants sont aussi d'accord (à 91 et à 92 %) pour un équipement minimal en ressources numériques, sans qu'elles se substituent aux ouvrages papier.
Pour les éditeurs, l'enjeu est de relancer les achats de manuels au primaire, qui stagnent à 70-80 millions de volume d'affaires annuel, soit moins de la moitié des ventes du secondaire selon les estimations du Syndicat national de l'édition. L'achat de manuels incombe aux communes, sans qu'elles aient toutefois obligation de le faire. Les réponses fournies par les 309 maires sondés confirment la faiblesse et la disparité des budgets livres, qui vont de 11 à 18 euros par élève et par an, avec une moyenne de 13,50 euros. Alors que les dépenses générées par les photocopies se situent entre 11 et 24 euros par élève et par an, avec une moyenne à 12,30 euros. Comme une bonne partie de ces copies proviennent de manuels, il faudrait ajouter les droits payés par l'Education nationale au CFC, non inclus dans l'estimation de l'enquête, soit un peu plus d'un euro par élève et par an.
Tout le monde ne peut qu'être d'accord avec la nécessité de corriger ce dysfonctionnement du principe républicain d'égalité de traitement à l'école, d'autant que les éditeurs proposent une solution raisonnable et peu coûteuse pour les finances publiques. Ce "cartable essentiel" reviendrait à 21,50 euros par élève et par an, sur trois ans, pour étaler le remplacement des manuels non conformes au programme de 2008 ou manquants. "Il suffirait de réduire les dépenses de photocopies et de consacrer une partie de ce budget au livre", explique Sylvie Marcé, présidente du groupe Enseignement au SNE. Le complément, de 2 à 3 euros, pourrait être avancé par les parents, d'accord à 85 %, ou par un système de péréquation entre communes. Les éditeurs estiment que cette solution pourrait s'appliquer très rapidement au niveau national, si elle est encouragée par un décret qui ne serait que la mise à jour de celui du 29 janvier 1890, opportunément exhumé. Il prévoyait entre autres choses un équipement de 5 à 6 ouvrages pour les élèves d'alors, suivant leur niveau.
(1) Voir les résultats complets sur Livreshebdo.fr.

