Plusieurs adaptations dans la sélection Cannes 2020 | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 05.06.2020 à 12h15 (mis à jour le 05.06.2020 à 13h00) Cinéma

Plusieurs adaptations dans la sélection Cannes 2020

Laetitia Dosch et Sergei Polunin dans "Passion simple"

Wes Anderson, Im Sang-soo, François ozon, Steve McQueen, Thomas Vinterberg, Jonathan Nossiter, Maïwenn, Francis Lee... le festival de Cannes a dévoilé sa sélection officielle pas comme les autres, faute de Festivals. Parmi les 56 films, des adaptations de Laurent Mauvignier, Annie Ernaux, Fabcaro et Diana Wynne Jones.

Le 73e Festival de Cannes n'aura pas lieu. Mais Thierry Frémaux, délégué général de la manifestation,  a, malgré tout, dévoilé sa sélection de 56 films qui seront soutenus par le label "Cannes 2020", afin d'accompagner et de valoriser les films lors de leur sortie. Ceux-ci seront présents dans différents festivals français et internationaux. Parmi les plus de 2000 films reçus, certains, qui auraient pu monter les marches sur la Croisette, ont préféré se retirer de la sélection pour aller dans un autre festival ou pour attendre la prochaine édition du Festival de Cannes.

Pour Thierry Frémaux, il s'agit d'inciter les spectateurs à retourner en salles. Et comme il l'a signalé lors de sa conférence sur Canal + mercredi soir, il s'agit aussi de soutenir les libraires en revenant dans les librairies. Car dans cette sélection éclectique et foisonnante, on retrouve quelques adaptations. Passage en revue.

True Mothers de Naomi Kawase. La cinéaste japonaise adapte ici une nouvelle Mizuku Tsujimara, écrivaine récompensée plusieurs fois et jamais traduite en France. C'est l'histoire d'un jeune couple, Satoko et son mari Kiyokazu, qui, après une longue et pénible expérience du traitement de l’infertilité, ont choisi de passer par l'adoption pour avoir leur propre enfant. Six ans après avoir adopté un petit garçon, ils reçoivent un appel téléphonique menaçant d'une femme nommée Hikari, qui prétend être la mère biologique de l'enfant et qui est prête à leur extorquer de l'argent à tout prix.

Des hommes de Lucas Belvaux, avec Gérard Depardieu, Catherine Frot, Jean-Pierre Darroussin. Prévu dans les salles le 11 novembre, le film est l'adaptation du roman éponyme de Laurent Mauvignier (Minuit), prix Virilo, prix Millepages, prix Initiales et prix des libraires. Ces hommes ont été appelés en Algérie au moment des "événements" en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Lors d'une journée d'anniversaire en hiver, un cadeau qui tient dans la poche réveille, quarante après le passé dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

El olvido que seremos de Fernando Trueba. Inspiré du roman de l'écrivain colombien Héctor Abad Faciolince, L'oubli que nous serons (Gallimard), c'est le récit des derniers jours et de l'assassinat du père du romancier, médecin et défenseur des droits de l'homme avec, en toile de fond, la Colombie des années 1980 déchirée par la violence et la guerre que se livrent les paramilitaires, l'armée, les guérilleros et le narcotrafic.

Passion simple de Danielle Arbid. C'est la transposition du roman autobiographique éponyme d'Annie Ernaux (Gallimard, 1992), best-seller traduit dans de nombreuses langues: l'histoire d'une passion interdite entre l'héroïne et un homme marié, homme d'affaires étranger originaire des pays de l'Est.

L'origine du monde de Laurent Lafitte. Avec Karin Viard. Programmé pour le 4 novembre dans les salles, ce premier film du comédien est l'adaptation de la pièce de théâtre de Sébastien Thiéry (L'Avant-scène, 2013). Jean-Louis réalise en rentrant chez lui que son coeur s'est arrêté. Plus un seul battement dans sa poitrine, aucun pouls, rien. Pourtant, il est conscient, il parle, se déplace. Est-il encore vivant ? Est-il déjà mort ? Ni son ami vétérinaire Michel, ni sa femme Valérie ne trouvent d'explication à cet étrange phénomène. Alors que Jean-Louis panique, Valérie se tourne vers Margaux, sa coach de vie, un peu gourou, pas tout à fait marabout, mais très connectée aux forces occultes.

Le discours de Laurent Tirard. A partir du roman éponyme de Fabcaro (Gallimard, 2018), on assiste à un dîner de famille, avec un porte-serviette en forme de bite, et une conversation autour du chauffage au sol. Adrien a alors envie de s'évader dans ses pensées, de mettre sa vie sur "pause", attendant fébrilement un sms de réconciliation  et s'angoissant à l’idée de devoir faire un discours pour un mariage d’un de ses proches.

Aya et la sorcière de Goro Miyazaki. Le premier film d'animation depuis des lustes du Studio Ghibli est de nouveau une adaptation du livre jeunesse, Earwig And The Witch (HarperCollins, 2011, non traduit) de la britannique Diana Wynne Jones (à l'origine du Château ambulant). Une jeune fille a toujours trouvé la vie à son goût au foyer pour enfants de St. Morwald. Elle semble faire son chemin avec n'importe quoi et n'importe qui. Tous ignorent que sa mère était une sorcière. Mais son bonheur est confronté à un défi majeur lorsque un couple vient à l'orphelinat à la recherche d'un enfant à adopter et qu'ils la choisissent.

Josep d'Aurel. Autre film d'animation, prévu dans les salles le 30 septembre. L'histoire est celle d'un gendarme et d'un dessinateur et illustrateur, Josep Bartoli, combattant antifranquiste, qui se lient d'amitié dans un camp de concentration français où s'entassent les opposants au régime de Franco.
 

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