Polémique sur les archives photographiques de "France Soir"

Polémique sur les archives photographiques de "France Soir"

Le traitement du fonds du quotidien à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris est mis en cause.

Par Laurence Santantonios ,
avec ls Créé le 15.04.2015 à 20h04

La gestion du fonds d'archives photographiques de France Soir, actuellement conservé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (BHVP), se trouvent au centre d'une polémique au moment où le quotidien lance sa nouvelle formule.

La BHVP, qui s'était vu confier de façon informelle en 1986, lors du déménagement du quotidien de la rue de Réaumur, ce fonds de 400 000 négatifs et 300 000 épreuves papier provenant des journaux parus entre 1929 et 1980, a réalisé depuis quelques expositions tandis qu'un certain nombre de chercheurs a pu les consulter.

Les réclamations de photographes et l'absence de tout document officiel ont toutefois commencé à soulever des questions d'ordre juridique : à qui appartient ce fonds et qui en a la charge ?

En attendant une clarification, la directrice de la BHVP, Emmanuelle Toulet, a décidé de ne pas laisser s'abîmer les 190 cartons d'archives disséminés dans plusieurs lieux de la bibliothèque et envisagé de les envoyer dans un entrepôt adapté à la conservation des photos que la Ville possède à Chartres.

Plusieurs journaux - Le Monde, La tribune de l'art -, relayés par les syndicats Supap-FSU, ont alors crié au scandale, dénoncé l'abandon par la BHVP de ce fonds très précieux et critiqué la Ville de Paris de ne pas donner assez de moyens à ses bibliothèques patrimoniales.

Adjointe au maire de Paris pour le patrimoine, Danièle Pourtaud regrette ce “mauvais procès”, dit-elle à Livres Hebdo, alors que ces archives ont été "sauvées en leur temps par la bibliothèque ". Elle précise qu'Emmanuelle Toulet a pris “une mesure conservatoire, car il y a pour le moment une incertitude juridique concernant ce fonds. Tant qu'elle n'est pas clarifiée, il ne nous est pas possible de l'exploiter. S'il s'avère que nous en avons la charge, nous le ferons.”

Danièle Pourtaud estime d'autre part que, contrairement aux dires de ses détracteurs, la Ville de Paris a “une politique volontariste concernant les ressources photographiques et dépense environ 1 M€ par an pour leur restauration et leur numérisation, notamment à travers La Parisienne de photos ou l'Atelier de restauration et de conservation des photographies de Paris (ARCP) dirigée par Anne Cartier-Bresson.”
15.04 2015

Auteurs cités

Les dernières
actualités