Librairies

Prix des ouvrages : les avis du médiateur du livre

Librairie Ombre blanche à Toulouse - Photo Olivier Dion

Prix des ouvrages : les avis du médiateur du livre

Saisi par le ministère de la Culture, le médiateur du livre formule ses recommandations pour réguler la valse des étiquettes des prix en librairie due à l'inflation.

Par Antoine Ginésy
Créé le 16.02.2023 à 19h37 ,
Mis à jour le 06.03.2023 à 12h17

Prix unique mais valse des étiquettes : la formule résume la situation inconfortable dans laquelle se trouvent les librairies en France, alors qu’avec des hausses généralement comprises entre 4 et 10 %, le secteur du livre n’est pas épargné par l’inflation. Symbole d’augmentations conséquentes qui s’annoncent durables, la célèbre collection de poche Folio 2 € se voit progressivement rebaptisée Folio 3 €… Un affichage du prix aussi clair n’est pourtant pas toujours de mise. Le décalage est en effet devenu récurrent entre le montant imprimé sur la couverture des ouvrages et leur prix à la caisse. Saisi en décembre par le ministère de la Culture, le médiateur du livre, une autorité de conciliation officielle, vient d’émettre une série de recommandations afin de réguler cette danse des prix peu agréable pour les libraires comme pour leurs clients.

Si la tarification des livres constitue depuis 1981 la prérogative des éditeurs qui ont l’obligation d’indiquer lisiblement le prix de chacune de leurs publications. Les libraires sont responsables du ré-étiquetage quand les montants affichés sur les livres de leurs étals deviennent obsolètes, rappelle le médiateur, qui exprime cependant la nécessité d’ « une période transitoire supplémentaire d’une durée suffisante avant toute poursuite », alors que des commerces ont déjà été rappelés à l’ordre par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Les services de l’État ont d’ailleurs accepté de geler temporairement les suites de contrôles ayant déjà eu lieu.

Ré-étiqueter sans attendre les livres en stocks

Conformément aux indications déjà formulées par le Syndicat de la librairie française (SLF), l’instance engage les libraires à ré-étiqueter sans attendre les livres en stocks. Il s’agit plus généralement de rendre l’information visible pour les clients. Le principe des affichettes se trouve donc approuvé, alors que le SLF avait déjà obtenu la validation officielle d’un panneau stipulant que les « prix marqués sur les livres peuvent de manière transitoire ne plus correspondre au tarif [demandé] en caisse ». Suivant les demandes du syndicat de libraires, l’instance médiatrice réitère par ailleurs la nécessité pour les éditeurs et distributeurs de signaler avec clarté les prix modifiés lors de la livraison. L’avis enjoint aussi ces derniers à poursuivre l’effort de ré-étiquetage déjà amorcé dans les entrepôts.

La situation inédite provoquée par l’inflation doit, selon le médiateur, enjoindre les différents acteurs de la chaîne du livre à se sensibiliser au caractère structurel de ces problématiques, en faisant par exemple « progresser [...] la transparence des prix pour les clients lorsqu’ils sont marqués sur les livres par un code ». Les fournisseurs étant, quant à eux, appelés à respecter le délai d’un mois requis pour annoncer toute modification de prix. C’est aussi l’occasion pour les professionnels de découvrir les outils disponibles pour faciliter la transmission de l’information (l’association Alire, qui aide les librairies à développer des outils numériques, a ainsi interrogé les prestataires de gestion de stock afin de lister sur son site les protocoles informatiques susceptibles d’aider les libraires).

Sans énoncer de solutions définitives à un problème qui ne semble pas pouvoir en trouver rapidement, l’avis du médiateur se veut donc rassurant pour les commerçants inquiets d’essuyer des sanctions administratives.

Les dernières
actualités