Après avoir réalisé quatre films, Yann Samuell s'attaque à un classique de la littérature et du cinéma, La guerre des boutons. Et se prépare à affronter la sortie presque simultanée du film de Christophe Baratier.

Pourquoi avez-vous accepté ce projet ?

Pour le réalisateur Yann Samuell, après Jeux d'enfants en 2003 et L'âge de raison en 2010, il s'agit du troisième film parlant de la jeunesse.- Photo UGC DISTRIBUTION

Lorsque le producteur Marc de Pontavice me l'a proposé il y a deux ans, j'ai réservé ma réponse, mais après lecture, je me suis dit que c'était une évidence. J'ai déjà réalisé trois films qui parlaient de l'enfance, mais du point de vue des adultes. Ici, c'est différent, c'est l'enfance par l'enfance. C'est une écriture très moderne, et il y a une universalité derrière tout ça. Je l'ai d'ailleurs vérifié auprès de mes propres enfants !

Vous avez choisi de situer votre film à la toute fin des années 1950. Pourquoi ne pas avoir carrément transposé l'action de nos jours... ou en 1912, année de parution du roman ?

Il y a encore, au début des années 1960, toute une imagerie de l'enfance qui n'existe plus aujourd'hui. Et puis je voulais mettre en abîme cette guerre des boutons avec une autre guerre, celle de l'indépendance de l'Algérie. A côté de cela, j'ai gardé tout le côté "réac", mais j'ai développé certains personnages, comme celui de Marie, la soeur du personnage de Tintin, sorte de trublion qui essaie d'entrer dans le clan, et qui annonce une forme de féminisme.

Quand avez-vous appris que Thomas Langmann et Christophe Baratier travaillaient sur le même projet ?

D'abord j'ai cru que c'était une blague, mais en janvier j'ai vraiment su qu'ils travaillaient dessus. Non seulement ils ne m'ont pas appelé, mais ils ont tout fait pour faire capoter mon projet. On entre dans des domaines qui dépassent l'entendement... Je sors en premier, il me reste au moins ça !

On ne pourra pas s'empêcher de comparer votre adaptation à celle, mythique, qu'Yves Robert a réalisée en 1962. Etes-vous prêt ?

Avant de prendre ma décision, j'ai commencé par appeler Danièle Delorme, détentrice des droits du film d'Yves Robert, pour lui dire que je pensais que l'on pouvait faire un autre film. J'ai simplement essayé de retrouver le côté frais, naturel et authentique de l'adaptation de 1962.

Préférez-vous adapter un roman ou travailler sur des scénarios originaux ?

Ce sont deux expériences très différentes que j'apprécie également. Quand on adapte, on est un peu assis sur un coussin, on adapte ce qu'on aime, même si on se sent investi d'une mission ! Là j'ai tourné en Angleterre The Great Ghost Rescue, d'après un roman pour enfants d'Eva Ibbotson, et je viens d'adapter Nos séparations de David Foenkinos, que je tourne l'année prochaine.

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